
Lors de la célébration, vendredi 19 mars, de la célébration des dix ans de son arrivée au pouvoir, le président Wade, lors d’un meeting tenu devant le palais présidentiel à Dakar, a brocardé ses anciens alliés du Front pour l’alternance qui l’avaient soutenu de manière déterminante pour arriver à but du régime socialiste, en particulier le Code 2000 conduit par Moustapha Niassa et le Pôle de gauche (Ld, Pit, Aj), tous aujourd’hui dans l’opposition, aux cotés du Ps.
Me Wade a expliqué qu’il s’est vite rendu compte qu’il n’avait pas « la même idéologie qu’eux ! » Devant les principales figures de la mouvance présidentielle, à la notable exception de son fils Karim Wade et de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, le patron du Pds/L a rappelé qu’il est un libéral : « Moi, je suis un libéral qui croit en l’homme et en ses valeurs. Si nous sommes en alliance, il faut forcément quelqu’un pour diriger. Maintenant, si les Sénégalais votent pour moi, que les gens sachent que c’est moi qui a été élu et non mes alliés. Dans ce cas, ils ne peuvent m’exiger de discuter avec eux avant toute prise de décision. C’est la démarche des communistes ! C’est pourquoi ils n’ont pas réussi. Ils passent tout leur temps à parler. Je ne connais pas la direction collégiale ! Si quelqu’un à quelque chose à me dire ou à me conseiller, je peux l’écouter. Ensuite, c’est à moi tout seul, avec Dieu, de décider. Cela n’entame en rien la démocratie... »
La réaction aux propos du président Wade ne s’est pas fait attendre. Le Pr Abdoulaye Bathily, et membre de « Benno Siggil Senegal », interrogé par « Le Quotidien », a tenu à « recadrer » leur ancien allié, qui a par ailleurs profité des dix ans du « 19 mars 2000 » pour confirmer sa candidature à la présidentielle de 2012, alors qu’il sera âgé de 86 ans, selon ses documents officiels.
L’ancien ministre d’Etat, en charge de l’Energie et de l’Hydraulique dans le premier gouvernement de l’alternance a convoqué l’histoire récentre : « nous avions parlé de direction politique unifiée qui consiste en une concertation sur les grands problèmes du pays en son temps ! »
« Si cette méthode n’a pas marché », poursuit le Pr Bathily, « je ne pense pas que c’est sa méthode qui ait marché. Est-ce que le pays lui a demandé de se concerter avec son fils et de mettre le pays sous coupe réglée avec sa famille ? Est-ce que la gestion concertée est pire que la gestion familiale qui fait de son fils le véritable chef du gouvernement ? »
Invité le même jour par le groupe « Futurs Medias » à se prononcer sur les dix ans de l’alternance, le « jallarbiste » estime que « Wade a mis en place un groupe de criquets pélerins qui ont ravagé les ressources du Sénégal. »
Professeur titulaire au département d’Histoire de l’Ucad, il a tenu à « prendre à témoin » les contemporains du régime libéral : « il a rabaissé tout ce qui les valeurs morales positives de la société Sénégalaise. Il gère les êtres humains à partir de leurs défauts, il excite la félonie chez les individus, la trahison ; il les a tous poussés à s’enrichir au détriment de l’Etat. La preuve, ils le sont tous aujourd’hui ! Le leadership, pour qu’il soit digne de respect, doit exciter chez l’homme ce qu’il y a de meilleur. Pousser l’individu à faire du bien pour son pays. Mais il fait le contraire. »
Les comptes seront décidément difficiles à solder et le dialogue politique annoncé parti sur les bases d’un désaccord sur tout...





























