Dans l’émission « Confidences et Vérités » du dimanche 16 novembre, sur Walf TV, on a eu droit à un invité bien spécial, Me Babou. Drapé dans un grand boubou de couleur marron, on a vu un maître Babou endimanché, dans son salon, bien nickel, face à Aïssatou Diop Fall. Un peu plus loin, se tenait sa tendre épouse, chair et os, en bonne « drianké » sénégalaise, maquillée, allure poupée, et assise, non loin de lui. On sentait de loin le truc préparé, quoi, la mise en scène !!!! En bon français « wolofisé », on aurait dit « accueil bou ciwilissé », façon sénégalaise quoi ! Excessif comme d’habitude, avec sa voix de basse, Me Babou a semblé avoir mangé du lion. Très en verve, il n’a pas tari d’éloges sur sa femme. On a eu droit, par contre, à une descente en règle de Me Ndèye fatou Touré, non sans délectation : « Ndèye Fatou Touré n’arrête pas de m’attaquer, à l’Assemblée nationale (…) Elle est l’amie de Déguène. Elle l’appelle souvent pour la remercier de bien s’occuper de ses enfants qu’elle a eus avec moi ». Avait-il besoin de dire tout cela, en public en plus ? « Daagassanté » en direct ne pouvait être aussi flagrant surtout avec une ex-épouse, absente du plateau en plus. Ils ont eu des enfants ensemble quand même !!!! L’élégance veut qu’on ne tourne pas une personne en dérision, de la sorte : « j’étais major à l’examen du barreau avec une moyenne de 16, …. Et elle avait une moyenne de 11, …. Voilà ma réponse, qu’elle me laisse tranquille ». Le ridicule ne tue point. Qu’est ce que les études ont à voir là dedans ? Un homme ne se comporte pas comme cela, surtout avec une femme.
Et Me Babou de commencer à débiter des éloges à l’endroit de sa dulcinée Déguène Chimère : « je suis au paradis, et je n’ai pas besoin d’aller voir ailleurs, parce qu’il m’arrive de me faire draguer. Si jamais, je devais tromper ma femme avec une autre, que Dieu me… ». Normal de ne pas tromper sa femme. Mais ne jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau », surtout lorsqu’on jure de manière aussi forte. Mes « propres parents » (au sens de famille sénégalaise élargie) sont même allés jusqu’à dire que je ne sais pas « gérer » une femme, puisque j’ai connu des divorces. Mais avec Déguène, j’ai trouvé l’équilibre ». Yalla bu ci thiat dugu, Maître (Puisse Dieu conjurer le mauvais sort !)
La phrase inattendue de Me Babou a été sans doute celle-ci : « Si cette femme venait à mourir, je mourrais quelque temps après. Je ne dis pas que je me suiciderais, mais j’en souffrirais (di naa misère) ». Trompeur, bluffeur, moment d’euphorie, vérité ? Qui sait ? En tout cas, Me Babou ne souhaite sans doute pas que Déguène Chimère, sa tendre épouse, meurt de sitôt, mais Déguène ne souhaite pas non plus mourir avant Me Babou. La reconnaissance, c’est bien, mais la mesure dans ses paroles, c’est mieux. Me Babou a tout intérêt à ne pas se faire démentir par l’histoire et donner raison à ses « propres parents ». Avait-t-il réellement besoin de dire certaines choses, excessives au demeurant, surtout si on donne l’impression de par ses divorces, de ne pas être un homme… facile ?
La vraie fausse note de l’émission a été le moment où Me Babou, tout juriste qu’il est, a choisi de rebondir sur cette affaire de plainte, relative à un problème de foncier, et qui lui a été servie (relatée par le Quotidien l’Observateur). Il a brandi à l’écran un « acte juridique » comme preuve de sa culpabilité, alors qu’on ne distingue rien du tout, à part des signatures et le titre de l’acte. Cela, en réalité, ne veut absolument rien dire puisque c’est facile de montrer un acte, et après ? Cela renseigne t-il sur l’authenticité des signatures, sur le contenu de l’acte ? Il faut arrêter avec le bluff, de jouer sur la conscience des téléspectateurs. S’il a autant de preuves (je ne dis pas qu’il n’en a pas) qu’il le prétend, il n’a qu’à les administrer au niveau du tribunal et pas à la télé comme ça. Sa qualité de juriste devrait le pousser à plus de retenue et de pondération.
L’hôpital fait encore parler de lui
L’émission « Noko Dundé » sur Walf TV, présentée par la pugnace Ndèye Astou Guèye , a encore mis à nu, l’hôpital, malade de ses soins, de son accueil, de ses responsabilités. Sujet très polémique sur une affaire pourtant pas compliquée, et qui aurait pu être réglée par les responsables de l’hôpital. C’est l’histoire d’un accouchement d’une jeune femme de 17 ans qui a mal fini. « Erreur médicale » ou pas, la polémique a porté sur une compresse qui aurait été oubliée dans le ventre de celle-ci. Le sujet a en tout cas soulevé beaucoup de passions.
L’histoire est celle d’une jeune femme abandonnée à son sort, dans un centre de santé, aux Parcelles Assainies, où elle s’est rendue pour accoucher. Elle n’a eu droit qu’à des : « elle n’a rien. Elle est impolie ». Bref, on connaît l’accueil dans les hôpitaux. Transférée par la suite, à l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque, c’est de là que va venir son malheur. Venue sur le plateau de Walf, avec une partie de sa famille, afin de trouver une solution à son ventre qui continue de saigner après une césarienne et malgré des points de suture, la discussion a porté sur le fait de savoir si la compresse en question a été oubliée et « extraite » par la suite du ventre de la jeune femme. Ce qui veut dire qu’on aurait « ouvert » une seconde fois (le pansement ne servant juste qu’à boucher l’ouverture, puisque la plaie ne s’était pas refermée) le ventre pour sortir la compresse « oubliée » ; ou alors on l’aurait uniquement extraite des organes génitaux de la jeune femme. Point d’accord là-dessus, même si une gynécologue venue apporter son expertise, a expliqué qu’il est impossible de presser le ventre pour faire sortir la compresse par le sexe. Selon, elle : « le pansement mouillé en permanence et consécutif au ventre ouvert, relève d’un « lâchage » et non d’une seconde ouverture du ventre pour en extraire le pansement. Il peut en effet arriver que des points de suture exercés, ne prennent pas ». La fille avouera plus tard, que la compresse est sortie de son organe génital, tandis que sa mère a soutenu le contraire.
Une fois n’est pas coutume, Me El Hadji Diouf, venu en tant que juriste sur le plateau, a fait preuve de prudence dans sa démarche, même s’il a abondé dans le même sens que la gynécologue. Fidèle à lui-même, et connu pour son goût pour la théâtralisation, il a estimé que : « ceux qui l’attendent sur le terrain qui consisterait à accabler l’hôpital, peuvent déchanter parce qu’il faut, à son avis, avoir des preuves pour cela. « Se » m’en fous moi, que l’on soit d’accord avec moi ou pas parce qu’il y en a qui m’aiment pas ». Il aura quand même essayé de traduire son émotion devant les téléspectateurs par ses « larmes versées », selon ses propres termes, même s’il n’a point oublié d’évoquer son statut d’avocat international, de ministre de la République et de député. Face à un Sidy Lamine Niasse intervenant à l’émission au téléphone, et qui a déclaré cette jeune femme victime d’erreur médicale, et accusant presque Me El Hadji Diouf et compagnie de complaisance, ce dernier s’est emporté : « nous ne sommes pas ses élèwes (lire élèves), qu’il nous respecte un minimum. Sidy me connaît et je le connais. C’est pas parce que c’est sa télé, qu’il peut dire tout ce qu’il veut, … ». Versant dans l’excès, Il s’est aussi lancé dans une tentative de cours journalistique, et dont le sujet est : « comment mener une investigation ? » Citant Latif Coulibaly comme exemple), il estime que, le journaliste qui a fait le reportage, n’est pas allé jusqu’au bout de son travail puisqu’il devait « enfoncer » les portes de l’hôpital afin de savoir qui a fait l’opération à la jeune femme. Quoi qu’il en soit, cette émission télévisuelle aura eu le mérite de poser, reportages à l’appui, le débat sur les questions liées à la prise en charge des malades, l’accueil, la responsabilité, et les erreurs médicales, au moment où le secteur de la santé connaît une crise.





























