
Ministre conseiller chargé des Affaires religieuses, des relations avec la presse et porte-parole du Président. Voilà le cadeau que Wade lui a offert après cette fin d’année mouvementée pour lui sur le front religieux. Mais la dénomination est tout de même longue, chargée et un peu grosse. Enfin pas aussi grosse que celle qu’on a donnée au ministère de Karim Wade.
Méritée ? Sans doute, puisque visiblement Wade sait récompenser qui lui obéit au doigt et à l’œil, même si cette récompense peut rapidement se transformer en disgrâce. Et les Sénégalais qui ne connaissaient pas Bamba Ndiaye, doivent se poser des questions sur le personnage. Les habitués de la petite lucarne version Walf TV ne doivent point s’étonner de le voir parachuté là, pour l’avoir vu souvent participer à l’émission « Dine ak Diamono » de Sidy Lamine Niasse qui est censé parler de religion et qui, pour Bamba Ndiaye, est toujours une occasion rêvée d’afficher sa « wadophilie ».
Vieux compagnon du patron du groupe Walfadjri, Sidy lamine, il a fait de la défense de Gorgui, une vraie vocation voire même un sacerdoce. Avec lui, Wade a toujours raison même quand il n’a pas raison, tout en sachant que le président sait qu’il sait qu’il se trompe. Quel que soit le cas ou la complication, Wade, a toujours des circonstances atténuantes, il est juste incompris. Et en fin de compte, il a toujours raison. C’est une forme de fidélité, de la constance quoi ! Enfin, il est quand même plus acceptable que ces transhumants. Lui au moins, on sait de quel côté, il est et, il sait à quels points d’eau, il ira se désaltérer et brouter. Il ne songe pas pour le moment à aller vers d’autres prairies plus vertes. Et au fond, ne pas le récompenser aurait été une injustice. Un vrai coureur de fond ce Bamba ! Sorte de fidélité à la Farba Senghor. Ça ne court pas les rues et ça se paie.
Ce monsieur est en réalité venu de loin, il n’a toujours fait que défendre Wade. Depuis le temps où il était patron du « Messager » cet organe qui traite l’information sur un Sénégal idyllique, différent du Sénégal réel, jusqu’à la direction de la radio Océan Fm, cette radio pas trop éloignée du gouvernement, il a été un avocat chevronné du président. Et voilà que la consécration arrive sans doute un peu tard, mais elle arrive quand même. Et c’est l’essentiel pour les forçats du soutien inconditionnel…
Ministre conseiller porte-parole logique, puisqu’au fond, il n’est que le prolongement de celui dont il porte la parole. Wade parle et il rapporte, parfois en enrobant ou rajoutant de la crème sur la tarte. C’est ce qu’on constate souvent entre les marabouts et leurs chambellans qui se font souvent remettre à l’ordre, voulant trop bien faire au point de trahir la parole du guide religieux.
Ministre conseiller chargé des affaires religieuses. Il y a à se poser des questions. Le contenu du poste traduit-il une sincère volonté de faire bouger les choses dans le bon sens ? Répond-il réellement à un besoin ? Est-ce juste le fruit d’un contexte tendu qui découle des fronts ouverts par Wade : les imams d’une part ; et l’église d’autre part. La religion est en effet une affaire sérieuse dans notre pays pour devoir être prise au sérieux. Ce ministère est –il conséquent dans le cadre d’un état laïc, même si le Sénégal a une vision différente de celle de certains pays occidentaux sur ce plan ? Il faut, il est vrai dialogue, discuter, essayer de trouver un consensus. Et Bamba Ndiaye, sur le plan religieux, ne peut pas être consensuel parce qu’en réalité, même si sa connaissance de l’Islam et son ouverture ne souffrent d’aucun doute, pourra t-il être neutre jusqu’au bout ?
Un intello neutre aurait été plus consensuel. Mais une question demeure sans doute, celle des triples tabaskis, Korité ou des débuts de ramadan dans la division : arrivera-t-on à trouver des accords là-dessus, alors que la commission nationale de concertation sur le croissant lunaire a fini de révéler son incapacité. Saura t-il être à équidistance des différentes confréries qui n’hésitent pas parfois à exercer leur veto, au nom de certains principes intrinsèques ? Remarque : on aurait pu en faire un ministère unique sans l’associer avec les relations avec la presse et la charge de porte-parole. Trop lourd.
Ministre conseiller chargé des relations avec la presse. En cette période d’apaisement au cours de laquelle Gorgui a récemment reçu le Comité des Editeurs et Diffuseurs de presse (CDEPS), tout sucre, tout miel, allant même jusqu’à donner des instructions pour restituer au groupe « Sud Com » son terrain, Bamba sera-t-il à la hauteur. Il est ami avec certains patrons de presse, mais n’hésitait pas à brocarder certaines œuvres, notamment celles de Latif Coulibaly qui a critiqué la gestion de l’Anoci par Wade fils. Qu’en sera-t-il ? Pourra t-il développer des rapports sains avec certains ? Le verra-t-on comme un interlocuteur sérieux, crédible, objectif et respecté. La vraie question est là. En tout cas, le soubassement de tout cela, c’est la mauvaise posture actuelle de Wade et son dada, la maîtrise de la communication. Mais, si l’on décompte le nombre de conseillers en communication de Wade qui se sont succédé, l’on se rend compte que ce poste obéit au même traitement que certains ministères tels que celui de la santé (10 ou 11 ministres en 10 ans) ou celui de la culture. La liste est longue : Chérif El Valid Sèye, Babacar Diagne, Momar Thiam, Assane Bâ, …
Entre nous, Wade ne cherche pas la pérennité. Il ne surfe que sur les vagues du moment. Et l’harmonisation de sa communication ce n’est pas pour demain. Mais tout cela, c’est la faute au monument de la renaissance…

















