
Ils sont âgés de 25 à 30 ans. Ils ont connu un seul président dans leur pays depuis leur naissance. Eux, ce sont les étudiants gabonais de Dakar.
Quatre jours après la disparition du président Omar Bongo Ondimba et au lendemain de la prestation de serment de la nouvelle présidente par intérim, Rose Francine Rogombé, c’est avec un sentiment partagé entre tristesse et fierté que certains d’entre eux ont donné leur avis sur l’avenir du Gabon qui vient de tourner la page Bongo qui a duré 41 ans.
Très nombreux dans les écoles de formations privées de Dakar, ils soutiennent presque en chœur que la tache sera lourde pour le futur président du Gabon. Pour cause, ils considèrent tous que « Bongo a beaucoup travaillé pour la stabilité du pays et que sa mort les a rendus naturellement tristes ».
Au sortir de l’Ism, Louise avec sa tenue bleu-blanc et ses lunettes correctrices hésite un moment avant d’accepter de répondre à notre question en saluant d’abord la mémoire du défunt président avant d’appeler « les hommes politiques de son pays à poursuivre l’œuvre de Bongo ».
A quelques mètres d’elle, Yves qui n’a certainement pas eu cours en cette matinée puisqu’ayant porté un t-shirt jaune frappé du drapeau gabonais a suivi l’entretien avec attention. A peine interpellé, il lance à notre endroit : « je salue la maturité du peuple et des hommes politiques gabonais qui ont su respecter à la lettre la constitution alors que c’est loin d’être une chose évidente en Afrique ».
Yves rappelle la dimension continentale d’El hadj Omar Bongo Ondimba qui « a eu à régler beaucoup de conflits en Afrique » et qui a réussi « à préserver le Gabon pendant 40ans de l’insécurité et l’instabilité sur un continent miné par les guerres dans presque tous les pays ».
Il souhaite toutefois « bonne chance à la présidente du Sénat qui assure l’intérim » et espère que les élections à venir seront « libres et transparentes ».
Ashir Mabignath Sall, étudiant gabonais au Cesag et non moins président de l’Association des Stagiaires et Etudiants Manageurs (Asema) abonde dans le même sens et appelle à une prise en compte des intérêts des étudiants qui seront les décideurs de demain.
Pour le président de l’Asema, « même si la tâche ne sera pas à coup sûr facile pour le successeur de Bongo, l’héritage reste tout de même supportable ».

















