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mardi 30 décembre 2008 - CONTRIBUTION DE HAMIDOU DIA, ECRIVAIN, POETE ET CRITIQUE LITTERAIRE - SENEGAL : LA CROISEE DES CHEMINS
Il n’y a pas de destin forclos ; il n’y a que des responsabilités désertées
De bonnes âmes m’ont fortement déconseillé d’écrire cet article de peur d’encourir les foudres du Prince. Il s’agit de ne pas hurler avec les loups sans cautionner les flagorneurs. Je n’ai donc pas de crainte et je vais aller droit au but. Sans broncher aux conséquences.

Le Sénégal est à la croisée des chemins. Partout surgissent des foyers de tensions lourds de tous les dangers. Crise économique, impitoyable guerre de successions avec un parti au pouvoir cannibale qui donne l’impression d’être peu soucieux du destin du pays, révolte des marchands ambulants, répression des manifestations de Kédougou, radicalisation de l’opposition un peu hébétée, querelle avec la presse nationale, révolte des imams, banlieues-poudrière, demande sociale accrue, veille d’élections de tous les périls et le sentiment générale que le pays est à l’orée de grandes séditions dont nul ne peut prévoir de quoi elles sont porteuses, etc. Le tout sur fond de peur, de terreur molle, d’incertitudes et d’inquiétudes. Tel est le constat qu’aucune rhétorique ne pourra occulter. Si dire cela me ferait courir des dangers, alors j’en accepte le risque. Car ce n’est pas faire du catastrophisme ou de la vaine critique ni de la subversion que de dire qu’il y a trop de foyers de tension dans ce pays sur fond d’un affaissement éthique et d’un renoncement intellectuel sans précédent.

Nous ne sommes pas au bord du gouffre, mais le Président de la République ne doit pas accepter que l’œuvre de toute une vie, avec des réalisations incontestables, soit dangereusement hypothéquée. Lui qui est entré dans l’Histoire par la grande porte doit en sortir par un vaste boulevard. Cela est encore possible. Il est possible de ne pas forclore la grande espérance de mars 2000. On a ri, pleuré, dansé, repris espoir ; portés par l‘immense espérance qu’une aurore boréale venait de se lever sur le Pays.

Et voici qu’ « au bout du petit matin », la gueule de bois pour beaucoup. Et au sein du Pouvoir, une atmosphère étrange, surréelle de fin de règne, de méfiance, de peur larvée, de discours désarticulés, de culte de la médiocrité, de trafics d’influence, de luttes fratricides, de petites combines et de grandes magouilles.

Faut –il ajouter à cet inventaire à la Prévert, la très prématurée guerre de succession ; « les visiteurs du soir » qui défont ce que certaines bonnes volontés essaient de construire en plein midi, prenant ainsi le risque d’opprobres futurs ? Point n’est besoin d’être prophète pour prédire que si le navire venait à prendre eau – ce que personne ne devrait souhaiter – les thuriféraires transis d’aujourd’hui seront les procureurs implacables de demain expliquant qu’ils ont toujours été contre certaines choses mais qu’ils ne pouvaient pas faire autrement ! Ah les grandes habilités ! Oui les premières félonies viendront de ceux qui feignent être des inconditionnels (il y en a qui le sont vraiment) du Président tout en travaillant à le miner : la ruse et la duplicité sont incontournables en politique, mais l’intelligence politique des circonstances historiques, que Machiavel appelle virtù, c’est encore mieux.

Le Président, en homme intelligent, saura se garder de ses amis-là, car ce ne sont pas eux dont l’Histoire retiendra le nom, mais lui et lui seul. Et les historiens pourraient se demander, - terrible question - en parodiant Alain Badiou, de quoi Maître Abdoulaye Wade est –il le nom ? Pas d’attaques ad hominem : je m’intéresse à la dynamique d’ensemble, disant, en passant, que la fureur qui a saisi le PDS, soudainement pris dans un « cannibalisme tenace », et qui rejaillit forcément sur la marche du pays, m’exaspère prodigieusement.

Je sais toute la difficulté de se livrer à l’exercice de la pensée libre – il n’est d’ailleurs de pensée que libre – dans ce Pays, sans que ne se lève le Soupçon fétide, à la mauvaise haleine. A cause des logiques partisanes : tout est mauvais ou tout est bon : ce qui est excessif, donc insignifiant. Penser, c’est penser dans le gris, comme les chats, la nuit ; accepter le labeur et la claudication qu’il présuppose ; travailler à rendre intelligibles nos réalités. L’intellectuel, à qui on ne cesse de demander d’élever la voix, est en mauvaise posture : quoi qu’il dise ou fasse, il serait toujours classé en pro ou en contre. Jamais en celui qui réfléchit à haute voix pour instaurer un débat fécond et heuristique ; pour tirer la sonnette d’alarme en cas de périls majeurs. Sans compter ceux qui vouent au fait même de penser une haine incandescente et vindicative !

Je me suis même demandé si, sous nos tropiques blafards, la parole de l’intellectuel est attendue et, si par aventure elle l’était, est-elle entendue ? Cependant, je suis résolu à penser en toute indépendance. Mon vœu secret est que ce propos que je n’assène pas, mais propose, soit le point de départ d’un débat loyal, sincère : sans injures, ni vociférations. Fraternellement. J’en rêve. De toute façon, les voix qui crient dans le désert finiront par être, un jour, reconnues, malgré tous les Hérode du monde ! « Le service de la vérité est le plus dur des services », a dit Nietzsche. Conseiller le Prince ce n’est pas lui dire qu’il est un nouveau Dieu – il ne vous croirait pas – mais lui dire ses convictions, ce qui paraît utile pour le pays ; lui dire ce qu’ont croit être juste, vrai, même si on se trompe : un Prince éclairé peut être « offusqué » par ce genre de Conseilleur, mais l’appréciera en son for intérieur, plus que les flagorneurs, plus que le Conseiller larbin, duplice et dissimulateur.

Je l’ai dit : il peut y avoir écart, béance entre conviction et vérité : mais le Pays ne mérite pas d’être laissé en déréliction par la faillite de ses élites. De toutes ses élites : politiques, intellectuelles, religieuses, etc. Or et hélas, la pensée dans notre pays, souvent fourbe, est serve. Serve de l’argent, de l’ambition personnelle, duplice, versatile, velléitaire, incapable d’aller au bout de ce qu’elle pense. Grandiloquente aussi pour mieux occulter sa vacuité qu’une vaine rhétorique essaie de masquer : « je ne pense pas un traître mot de ce que je dis, l’essentiel est que le Prince se dise voilà quelqu’un qui me défend qui a compris ma vision (jamais précisée du reste) peut être serais-je récompensé et pourquoi pas par un poste ministériel ou par toute autre sinécure ? ». Ou « elle est bien tournée ma petite phrase assassine, violente ma diatribe ; peut –être que le Prince pour fermer ma grande gueule, essaierait – il de me faire taire par quelques espèces sonnantes et trébuchantes qui me permettront d’achever ma résidence secondaire de Saly, d’épouser la femme (ou l’homme) que je convoite et de m’acheter la voiture de mes rêves ? ».

Quant au Souci du pays, il pourra attendre. Et que de discussions sans lendemain dans les salons feutrés, les alcôves bancals et les bars miteux ! Que d’aveux murmurés à voix basse, « des critiques » couchés et cachés qu’il ne faut surtout pas ébruiter quand ils viennent des supposés serviteurs du Pouvoir, de dénigrements et discours variables en fonction de l’auditoire, quand ce n’est pas le renfermement dans un silence prudent. Cela est rendu possible, je le réitère de nouveau, parce que notre société est malade de ne plus savoir d’où elle vient ni où elle va. Oublieuse de sa culture de paix et de dialogue. C’est cette maladie qu’il faudrait nommer si nous voulons avoir une chance de rémission ; d’autant que je pressens que ce que j’essaie d’articuler n’est que l’écume visible de cette maladie. Les assises nationales, pour ce que j’en comprends – ne sont ni pro ni anti Pouvoir, mais s’efforcent de poser le bon diagnostic. Elles n’en ont pas cependant le monopole. Y – a – t – il un choix possible entre soigner une maladie scrupuleusement diagnostiquée et « mourir guéris » ?

Or rien n’est perdu si Le Président de la République, soucieux du Pays et de l’Histoire, je le sais, prend les mesures idoines. En jetant les bases d’un dialogue sérieux avec l’opposition ; en réduisant le train de vie de l’Etat, en normalisant ses relations avec la Presse mais surtout en faisant de la résorption de la demande sociale la surpriorité de son gouvernement, en endiguant les dérives, en « civilisant » davantage son parti, en mettant fin aux gabegies de toute sorte. En tournant le dos à ceux qui lui disent que tout va bien dans le meilleur des mondes avec une tranquille une mauvaise foi de même qu’à ceux qui prédisent l’imminence de l’Apocalypse, en luttant de toutes ses forces pour l’émergence de consensus forts. En restaurant le dialogue social ; en muselant tous les pêcheurs en eaux troubles de tous les bords qui rêvent de plaies et de bosses ; en faisant appel à toutes les compétences du pays avec comme unique principe, l’instauration de la paix : condition de l’émergence et d’une démocratie consolidée. Le faisant, il s’assure une place enviable dans la postérité en laissant une marque définitive que rien ne saurait ternir. Il partira sans crainte pour lui-même et sa famille pour incarner la figure tutélaire du Grand Mawdo, du Patriarche.

Nul ne peut gouverner dans la tourmente. Si des situations inédites venaient à se produire lui seul en serait responsable devant l’Histoire. « Il ne suffit pas d’être un grand homme ; il faut l’être au bon moment ». Sachons raison garder pour que rien n’aveugle ou n’obère les nécessaires lucidités. Il y a dans notre pays une triple urgence : politique, économique et surtout éthique. Le Chef de l’Etat, dont l’ambition pour un grand Sénégal dans une Vaste Afrique libre et prospère ne fait pas de doute, est aujourd’hui face à son peuple et à l’histoire. Face à moment décisif son Destin.

- Par Nettali -

  • Bien écrit Hamidou. Enfin, un texte digeste. Trés bien écrit et où suintent la culture générale prodigieuse et la subtilité philosophique. Chapeau bas ! Maintenant pour ce qui s’agit du fond, mon avis que Me Wade n’est plus Me Wade. Je le dis et je le répète. Je doute trés sincèrement qu’à ce niveau de sa sénilité, on parvient à lui faire entendre raison. Parlant de la démission de certains intellectuels, je l’admets. Auparavant ne s’agt-il pas de savoir d’abord qui est intellectuel ou ne l’est ? Puisqu’en à croire Achille, l’Intellectuel est maître de magistère. C’est celui ou celle dont l’oeuvre et la pensée sont transcontinentales. Pour finir, je crois profondément qu’il existe encore dans ce pays des Intellectuels de ta trempe. Sincère eet entièrement dévoués à l’épanouissement de leur peuple. Du Sénégal. Aujourd’hui, leur seule alternative est de tout faire afin de décider le peuple à bouter Me Wade et son régime de corrompus sans vergogne, de parvenus, hors du pouvoir
  • Hélas, la sagesse en tant que science du monde vient toujours trop tardMonsieur Dia. Et vous le savez mieux que moi, la chouette de Nunerve ne prend son envol qu’au début du crépuscule. Alors pas de destin forclos ? VoireS’il est vrai qu’on ne peut pas ne pas espérer, force est de reconnaître qu’il faut faire abstraction de tant de choses que c’en est presque une torture. De ce genre d’espoir qui vous retient à la vie comme la corde soutient le pendu....
  • Bravo Hamidou ! Je retrouve le Hamidou libre penseur,philosophe aimant la sagesse qui commençait un peu à « s’embourgeoiser » à cause de sa nouvelle proximité ave le Roi et le Prince.Heureusement que vous n’avez pas suivi « les intello opports » qui vous avaient déconseillé d’écrire ce bel article.Mais Hélas ,Hamidou, Wade t’entendra t-il ? Je ne pense pas.Beaucoup de Sénégalais qui étaient prêts à mourir pour lui et qui ont participé activement « au grand soir » du 19 mars 2000 lui ont complètemment tourné le dos ,le coeur meurtri , déçus qu’à son huitème année de pouvoir que le beau pays de Senghor de 1960, rempli d’espoir se touve dans l’état lamentable au plan économique,culturel, social dans lequel il se trouve. L’histoire rique de retenir de Wade non pas à coup sûr un Nelson Mandela mais un ses nombreux présidents africains qui sont déjà enfouis dans les oubliettes du cosmos.
  • En lisant ces mots, je sens un plaisir immense égale à celui d’un pisteur assoiffé qui tomba comme par hasard sur une source d’eau et qui se met à la boire d’une telle voluptée.Vous venez,en effet, avec des mots du poete toucher du doigts le véritable mal dont souffre le président de la république dans sa gestion quotidienne du pays.Le président bien évidemment est entouré de gens qui le détourne des vrais mots des Sénégalais pour leurs intérêt cripto personnels. j’ai la forte conviction que,grâce aux intellectuels de votre dimension, soucieux de l’avenir du pays, le pesident ne tombera pas dans l’ornière où ces canibales autour de lui le poussent tous les jous.

    Voir en ligne : il n’y a pas de destin forclos ; il n’y a que des responsabilités désertées

  • Pour les intellectuels, les vrais, l’heure n’est pas aux avertissements mais à l’acttion. Je ne trouve pas cette prise de position aussi courageuse.c’est comme qui dirait qu’on peut toujours raisonner le Prince. Donnez nous un seul exemple dans l’histoire. SI les intellectuels jouaient leur role d’avant garde et de mobilisateur, s’ils revisitaient Gramsci, on n’en serait pas à cette belle prose mais aux grandes mobilisations pour preparer la victoire de la democratie.
  • Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Mais j’ai l’impression que M. Dia a attendu trop longtemps pour écrire ces lignes. En plus, n’est-il pas optimiste à l’excès ? Il me semble que Me Wade sera sourd à l’appel, et que ceux veulent le bien du Sénégal n’ont d’alternative au combat pour le chasser ce président du pouvoir.
  • « Ou « elle est bien tournée ma petite phrase assassine, violente ma diatribe ; peut –être que le Prince pour fermer ma grande gueule, essaierait – il de me faire taire par quelques espèces sonnantes et trébuchantes qui me permettront d’achever ma résidence secondaire de Saly, d’épouser la femme (ou l’homme) que je convoite et de m’acheter la voiture de mes rêves ? »....ou m’appellerait comme conseiller à ses côtés avec tout en un : la villa, la 4X4, l’argent » Oui, Monsieur DIA, vous ne croyez pas si bien dire ! Nous avions cru en effet au fameux(qui s’est avéré fumeux) Club des cent et quelques nigauds que nous avions alors été, et que vous avez si aisément embarqué avec votre acolyte Wone de l’ANOCI.Vous n’aviez même pas eu de scrupules à abuser le Professeur Assane Seck et le Grand Maître Samba Diallo. « Point n’est besoin d’être prophète pour prédire que si le navire venait à prendre eau – ce que personne ne devrait souhaiter – les thuriféraires transis d’aujourd’hui seront les procureurs implacables de demain expliquant qu’ils ont toujours été contre certaines choses mais qu’ils ne pouvaient pas faire autrement !Ah les grandes habilités ! » Votre habileté à vous est d’avoir ouvert les yeux juste quelques petits instants avant les autres. Mais la note sera la même.
  • Mon cher Hamidou, Que de belles paroles ! Rien que du vent ! N’as-tu pas été, avec ton ami et complice l’ancien Ministre Baba Wone, mobilisé d’honnêtes patriotes sous un concept pompant et trompeur « Manifeste des 44 », avant d’aller négocier avec Me Abdoulaye Wade ? Cette traitrise a coulé une belle initiative et a (peut être) permis à ton ami Baba Wone d’obtenir ou de consolider son poste (une sinécure) de Conseiller à l’ANOCI en communication ! Je constate que tu reprends les mêmes idées, avec d’autres mots (beaucoup plus savants et sophistiqués !) qui avaient servi à moboliser d’honnêtes patriotes autour de votre ex « machin ». Nous ne nous ferons plus avoir !!! Tu n’es qu’un loup qui crie aux loups !!!! Commence par t’expliquer sur ton long silence sur les problémes du Sénégal, toi d’habitude si prolixe depuis votre audience avec Wade ! Casses-toi et ne nous tympanises pas ! Wa Salam
  • C’est bien d’entendre le poete se pencher sur la situation « Wadienne » du Pays. Le Sénégal qui voulait prendre son envol, se voit les ailes plombées. C’est un choix politique et économique. Le choix d’entrer dans l’histoire à reculons. Wade ne veut ni de justice, ni de démocratie, ni de transparence ! à la longue, l’histoire lui rappelera que ce sont ces seules vertus qui soutendent la cohesion d’une Nation. Et si le Poete pensait qu’à si bon chemin, un retour serait possible ? Tout depends du chemin pris au début, si celui-ci est tortueux, le retour sur ses pas sera encore plus penible et plus tordu...Le choix de ses compagnons de route, il les a choisis avec une trés grande liberté !! Un choix n’est jamais neutre.... James
  • Je suis heureux de ces réactions y compris celles qui m’égratignent. Pourvu seulement que nos échanges restent à une certaine hauteur (sans injure ni invective : l’arme de ceux qui n’ont rien à dire) Donc reflechissons pour ce qu’il faut pour ce pays que nous avons en partage au lieu de nous insulter. Nous sommes confrontés à des problèmes très importants pour nous livrer à des mesquenieries qui ne grandissent pas leur auteur. Donc merci de rester courtois : cela ne tue pas et est la marque d’une bonne éducation.
    • Hamidou, tu appelles au débat et tu en profites pour lancer des piques à quelques uns parmi nous. Pour ma part, loin de moi l’idée de t’égratiner a fortiori de t’insulter. Je ne fais que constater : avec votre ex-machin, Baba Wone et toi avaient réussi à convaincre des rétifs à la politique (au sens noble du terme) comme moi à s’engager dans une action citoyenne pour réhausser le débat d’idées au Sénégal. Je n’avais pas manqué de mobiliser tous les intellectuels gravitant dans mon entourage immédiat pour la cause. Nous nous étions lancé dans la production d’idées et de prospection de nouvelles alternatives pour contribuer, modestement, au développement de notre pays. Une initiative malheureuse de votre part, toi et Baba Wone, a fini de faire éclater un mouvement qui était parti : votre rencontre avec le Président Abdoulaye Wade sans en convenir, au préalable, avec les membres du mouvement ni en recevoir un mandat à cet effet au prétexte que c’est le Président qui avait demandé à rencontrer les responsables de notre organisation. Interpellés, toi et Baba Wone avaient fourni des réponses alambiquées, non convaincantes et peu crédibles. Cela avait donné lieu, du reste, à un mémorable échange épistolaire entre Baba Wone et Adama Gaye (journaliste) au terme duquel ce dernier avait demandé que son nom soit rayé de la liste des membres du mouvement. Geste imité par d’autres qui s’étaient sentis floués. Depuis votre fameuse audience avec Me Abdoulaye Wade, tu étais emmuré dans un silence assourdissant. Tout cela ne relève que du constat (je garde par devers mois tous les échanges dont certains n’étaient pas rendus publics). Qu’est-ce qui motivait ton long silence suite à cette audience alors que les problèmes et situations interpellant les intellectuels augmentaient à un rythme géométrique ? Étais-tu en attente de la concrétisation d’une promesse finalement non tenue ? Aviez-vous (toi et tes amis notamment Baba Wone) un agenda caché, des objectifs occultes ou des ambitions inavouées en mettant sur pied le mouvement ?Je pense, humblement, que tu dois commencer par répondre à ces questions avant que crédit ne te soit donné, à nouveau, pour s’ériger en porte-étendard de l’intelligencia sénégalaise. Reçois d’avance toutes mes excuses si mon propos te vexe voire te blesse. Ce n’est pas mon objectif. Je veux tout simplement que la vérité éclate, car ce sont des faits pareils qui minent la confiance entre patriotes et font que bon nombre d’intellectuels sénégalais décident de rester loin des débats publics (ce que d’aucuns qualifient de démission). (Wa Salam.
    • Ouvrir le débat était capital, merci Hamidou. Mais puisque les lecteurs réagissent, ne pourrais-tu en profiter pour demander à chacun d’être inventif et de proposer des solutions pratiques visant à améliorer ce pays ? Quelque que soit le chef d’un pays, je pense que chaque citoyen devrait prendre conscience de sa propre responsabilité. Je propose donc de lancer une journée « ville propre » , par exemple, pour que chacun apprenne à voir et à faire les bons gestes. Car ceux qui laissent tomber leur papier-sandwich ne se rendent même pas compte qu’il façonnent une certaine image d’eux-mêmes et de leur pays. Je pense aussi que la télévision pourrait jouer un rôle éducatif -au lieu de banaliser la violence- et documentaire pour enrichir les esprits ! Les élèves ne connaissent pas le « Sénégal oriental » par exemple. Je crois même que chacun devrait arrêter d’entretenir les mendiants pour se donner bonne conscience ! Ces enfants devraient pouvoir aller à l’école, comme ceux des donateurs ! Je crois aussi que les professeurs devraient être valorisés et pénalisés quand ils ne font pas leur travail. Je crois que chacun pourrait partager son savoir et savoir-faire ! Que chaque livre lu devrait passer dans d’autres mains. Que la solidarité pourrait transformer ce pays. Il me semble donc possible d’agir, grâce aux radios et à la télévision, en valorisant les échanges et l’attention à autrui. Mais que chacun s’y mette ! Bon courage ! Jacqueline de Dakar.
  • « l’aliénation mentale en politique est le fait d’épouser une ligne politique à laquelle on ne croit pas » antonio gramsci tu es un aliéné monsieur dia , toi et tous les autres .... pour nous autres sénégalais dignes et honnétes, qui haissent "les faims qui capitulent en pleine révolte......la seule chose au monde qu’il vaille au monde de commencer est la fin de ce régime qui a tout détruit juqu’à nos imaginaires sociaux................
  • Les compétences rédactionnelles de Monsieur Dia sont indéniables. Soit ! Le texte se lit meme avec une certaine volupté, surtout de la part de ceux qui, comme l’auteur, ont eu le privilège de fréquenter les Grands auteurs qu’il cite ou ne cite pas mais qui constituent la source nouriicière de son texte. Voila pour ce qui est de la forme.

    La question du fond semble plus ténue car l’auteur, en dépit des accrobaties intéllectuelles, ne pose pas les vrais problèmes quoi qu’il les affleure de temps en temps. Pour etre court, on ne peut dédouaner le Président de la République de la situation catastrophique dans la quelle il a mis sciemment notre pays, en s’en prenant à des conseillers qui ne lui auraient pas dit la vérité ou qui se seraient limités à chanter ses louanges pour attirer ses graces. C’est Maitre Wade que nous avons élu le 19 mars 2000 et c’est à lui que nous demanderons des comptes le premier. Son mépris pour l’interet national et pour les principes de la démocratie et la bonne gouvernance n’est plus un secret pour personne. Depuis le début de l’alternance, des responsables politiques, des membres de la société civile et meme les services de l’Etat n’ont céssé d’attirer son attention sur le train de vie dispendieux de l’Etat, sur ses voyages répétés et inutiles alors que la situation financière du pays s’aggrave de jour en jour, sur ses largesses inconsidéréées à l’endroit de sa clientèle politique, sur l’implication démesurée et illégale de sa famille dans tous les grands dossiers de l’Etat et j’en passe. Il est dés lors, difficile, quelque soit la finesse de la plume de Monsieur Dia, de nous convaincre que ce Monsieur là a une grande ambition pour le Sénégal et pour l’Afrique.

    Ceux qui en ont eu pour leur pays et pour l’Afrique, on les connait : ils ont pour nom Thomas Sankara, Lumumba etc. La manière dont ils ont vécu et surtout leur rapport au dernier publics et leur engagement pour les causes justes n’ont permis à personne de douter du dessein qu’ils avaient pour leurs communautés. Pas meme leurs bourreaux.

    Au contraire, ce Monsieur que nous avons librement porté au pouvoir en mars 2000 et à qui nous avons renouvelé notre confiance en lui permettant d’avoir une majorité à l’Assemblée nationale et une constitution taillée sur mesure - tout cela avec l’espoir qu’un soleil nouveau se levait pour notre pays- n’a pas trouvé mieux que de mettre à genoux les institutions fondamentales de la République et de gaspiller sans souci les ressources du pays, pour la satisfaction de son égo démesuré, pour celle des besoins de ses parents et de ses griots et, plus grave, pour l’intronisation forcée de son fils qui jusqu’ici ne nous a offert aucune garantie de compétence et de patriotisme. Un fils qui serait ignoré des annales de l’histoire si son père n’était élu à la tete du Sénégal et qui, aujourd’hui, pour cette seule raison, croit pouvoir régner sur nous, en ignorant que l’ère des rois et des empires est désormais jetté dans les poubelle de l’histoire.

    Or donc, Monsieur Dia, votre engagement eut pu avoir beaucoup plus de tonus, si, sans aucun catastrophisme et sans nihilisme, vous aviez situé et bien situé, les responsabilités de cet homme qu’est Maitre Abdoulaye WADE dans la situation tragique que vit le Sénégal que tout le monde regardait avec admiration et espoir, naguère simplement.

  • monsieur, j’apprécie hautement votre réaction car elle me paraît généreuse (intellectuellement) et fort respectable.C’est cela que je souhaite : que les gens puissent échanger librement, dans le respect de la pensée de chacun. Pour cela, il est important de ne pas se tromper de cible. Je déplore, avec beaucoup de tristesse, les attaques ad hominen, les invectives et insultes (qui ne grandissent pas leur auteur). Or nous perdons notre énergie à nous attaquer à interpréter les arrières-pensées supposées, à raconter les rêves d’autrui, à procéder à des procès d’intention, à des jugements souvent mal informés, à ne pas répondre à ce qui est dit (on peut être pour ou contre)mais à celui qui le dit. En somme en frappant de Soupçon fétide (on peut s’imaginer que ceux qui le font pretent aux autres leurs propres turpides et ne font rien avancer à part la satisfaction de dire « je l’ai bien insulté ») tous ceux qui ont le malheur de penser différemment. La loi des suspects a fait 45OOO morts et installé la Terreur sous la Révolution française.Ce qui n’est pas votre cas : vous avez prolongé la reflexion, exprimé vos désaccords ; ce qui ne peut que me réjouir, conscient que je suis que si j’ai des convictions je n’assène pas des vérités, je propose à tous simplement le fruit de mes reflexions, sans dire aux gens comment il faut penser je n’en ai la prétention ni la capacité d’autant plus qu’il n’ y a pas des lieux où l’on délivre des certificats de la bonne-pensance et estime que l’injure, l’invective, les procès sans fin ont quelque chose à voir avec l’inaptitude à la pensée et relèvent de la paresse. Donc de j’admets la contradiction (je ne répondrais plus aux attaques ad hominem, que ceux que cela amuse continuent), respecte l’avis des autres, dans la tolérance et la fraternité. Il faut apprendre à nous aimer, à nous parler, car de nos échanges libres et fraternels pourraient jaillir des pistes fécondes. Autrement nous ne nous rendons pas service, nous ne rendons pas service à notre pays. Il faut aller plus en avant : ne pas nous contenter d’un diasgnoctic (qui est un moment important de l’analyse et non pas sa finalité) mais ouvrir des perspectives. Méfions nous donc de la haine et de la méchancété gratuite, évitons des réactions coléreuses et anonymes. La colère, comme chacun le sait est une folie momentanée. Fraternellement à tous.
  • 1.

    bien sur que la parole de l’intellectuel est entendue et meme souhaité au sénégal ,mais malheureusement les intellectuels sont restés longtemps dans le fetichisme de wade grand intellectuel.Oui tro longtemps !l’intellectuel c’est surtout la prospective la prevoyance ,il evident que tous les maux qui apparaissent aujourd’hui se sont manifestés ya plus de six ans ,dès la prestation de serment de Wade ,avrc la substitution de l’hymne national par son hymne insipide et j’en passe...Ce qui est déplorable c’est la peur qui a habité beaucoup d’entre vous ou mieux cette recherche de sinecure longtemps entretenue.Il vrai qu’on espérait beaucoup des intellectuels mais helas ils ont deçu sinon beaucoup d’entre eux ont déçu et c’est ce qui explique la ruée vers ces vendeurs de chimères que sont les « marabouillons » qui ne font que perdre nos enfants pour leur propres intérêts. Si les idées de Kara , de Béthio peuvent prospérer au Sénégal ya problème. le problème c’est le manque de courage de notre classe intellectuel.LUX MEA LEX est la devise de l’université Cheikh anta DIOP.Mais la lumière s’est éteinte.le Sénégal est dans la pénombre.Pourquoi les belles idées de Hamidou Kassé ,Marie Angélique Savané,et tant d’autre ne s’expriment plus comme avant l’alternance.E t pourtant les choses ont empirées.C’est ce silence coupable qui fait penser a Wade que son fils peut lui succéder.Car selon lui il a acheté tout le monde ou bien il a le prix pour acheter tout le monde.Et cette crise exacerbée depuis quelque temps n’est que la conséquence de cette frénésie a réunir un trésor de guerre pour son fils.mais alors Monsieur Dia faut meme pas esperer qu’il ai la lucidité de discuter avec les Senégalais pour trouver des solutions parce que les gens n’avaliseront jamais son projet monarchique.je vous en prie c’est cela qu’il faut dénoncer,c’est cela qui est a la base de tous les problèmes que nous vivons.Dès que ce projet a fleuri dans sa tete il s’est libérer de toute personne apte a lui dire non,les substituant par des parvenus, des gens qui n’ont de mérite que leur larbinisme. Je garde l’espoir que les esprits éclaires comme les votre vont continuer cette fois ci a veiller sans avoir PEUR



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Magal 2009 : Dernier message de Serigne Saliou Mbacké - HTCOM

Victoire de l’Algérie sur le Mali 1 à 0 (résumé)
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Toutefois, le jour où un gendarme se fera agresser dans un quartier, j’investirai ce quartier... Que chacun fasse ce qu’il doit faire et les brebis sont bien gardées. La presse ne peut se substituer à la justice. Moi journaliste, je peux me mettre dans un coin et donner de faux résultats parce que je suis partie prenante et cinq minutes après, vous mettez l’Etat et la justice dans une situation énorme.....Quand on m’a posé la question, j’ai répondu en tant que Bécaye Diop. On m’a prêté des propos à Touba. Avant d’être ministre, je suis d’abord citoyen. J’ai ma perception personnelle, mon point de vue... »
La Guinée a-telle trouvé la voie vers la reconciliation ? (France24)


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