vendredi 3 juillet 2009 - L’ANCIEN PREMIER MINISTRE MAME MADIOR BOYE SUR LE NAUFRAGE DU BATEAU « LE JOOLA »
« Je n’ai rien à me reprocher, on m’accuse à tort ! »
NETTALI.NET- C’est une Mame Madior Boye sereine de nature, flegmatique sous les feux roulants des questions de jouralistes et extrêmement pondérée dans l’appréciation des séquences du film de sa mise en accusation par la justice française, que nous avons vue en cette fin de journée du 2 juillet s’exprimer sur le dossier judiciaire ouvert depuis des années et portant sur le naufrage du bateau « Le Joola ».

Entourée de quelques membres du collectif d’avocats de la défense qui l’ont merveilleusement épaulée dans la tâche, l’ancien Premier ministre a eu aujourd’hui, à faire preuve d’une parfaite maîtrise du sujet et d’une grandeur d’esprit seigneurial durant tout le temps de son intervention.

Sur tous les aspects de la question, elle a donné des réponses simples mais limpides et sans équivoque. Magistrate de formation rompue à la tâche et ayant blanchi sous le harnais, elle a su remonter le fil des évènements pour situer le rôle des uns et des autres parmi les acteurs tournant autour de cette tragédie constituant l’une des plus sombres pages de l’histoire de notre pays.

Pour arriver à la conclusion qui fonde la pertinence de son long silence depuis des années quand son nom a été mêlé au feuilleton judiciaire ouvert par la justice française : « on me colle le défaut de ne savoir pas communiquer mais j’ai toujours évité de faire la confusion entre communication et bavardage. »

Maintenant qu’elle a décidé de parler, elle n’a pas fait dans la dentelle pour cracher ses vérités : « je n’ai rien à me reprocher dans cette affaire. Au contraire c’est à moi qu’on reproche à tort des choses. Je n’ai jamais fui mes responsabilités. J’aurais pu utiliser la technique du bouc-émissaire en désignant des coupables dès l’accident et me mettre à l’abri comme cela se fait ailleurs mais je n’ai aucune raison de le faire parce que je trouve cela inhumain », a déclaré l’ancien Premier ministre.

Ses avocats Mes Massokhna Kane, Elh Diouf et Aïssatou Tall Sall ont abondé dans le même sens et fait de grandes révélations sur les différentes péripéties de la procédure judiciaire en cours.

« On nous a même proposé d’entendre Mame Madior Boye à l’aéroport Charles de Gaulle de Paris pour pouvoir annuler dans les minutes qui suivent le mandat d’arrêt » a confié Me Elh Diouf avant de marteler avec force le refus catégorique qui a été opposé au juge d’Evry.

L’insistance du juge français avait, d’une certaine manière, des relents d’acharnement contre l’ancien Premier ministre et de persécution. Pour Me Tall Sall, l’attitude de l’avocat des victimes françaises était plus qu’étonnante : « quand nous avons brandi les conventions internationales qui refusent qu’on poursuive des hautes personnalités d’un Etat, faisant fi du bénéfice de juridiction dont elles jouissent et de leur immunité de fonction, il a tout simplement dit que cela ne s’applique pas aux démocraties africaines. »

Une déclaration insultante qui n’a pas manqué de provoquer l’ire de ses confrères sénégalais ayant en charge le dossier.

Bref, à la lumière de toute la panoplie d’arguments juridiques et politiques étalés, il n’y a point de doute que la voie suivie par la partie civile française conduira indubitablement vers une sortie heureuse pour les autorités sénégalaises visées par les poursuites.

- Par IBRAHIMA NDOYE -

  • Chère Madame Boye,

    Vous n’êtes accusée de rien. C’est en tant que Premier Ministre d’un Etat responsable de la mort de 2000 personnes que vous êtes malgré vous impliquée. Par vos fonctions de l’époque , et non en tant que personne.

    Si une justice digne de ce nom avait existé au Sénégal, un procès y aurait eu lieu, et l’Etat, légalement responsable, y aurait été cité à comparaître, et de toute façon condamné, tant les manquements dans la gestion de ce bateau furent nombreux.

    Nos concitoyens ont accepté les carences de notre « justice ». Mais le Joola a aussi englouti des ressortissants de pays de Droit et de Justice, imparfaite, mais bien réelle, où les personnalités physiques et morales sont responsables et redevables de leurs actes devant la société.

    La gouvernance du Sénégal aurait pu (donc il aurait dû pour son développement) acquérir une certaine crédibilité que sa justice fasse un procès réel du naufrage du Joola selon des pratiques conformes aux droit international. Au chapitre des qualités perceptibles de la gouvernance, vous, en tant que personne cette fois, imaginerez sans peine ce que serait le Sénégal si chaque acteur rémunéré par le pays faisait son travail et assumait ses responsabilités.

    La fuite du régime en place devant ses responsabilités, dès 2002, fut au contraire le premier signal bien visible, aux Sénégalais et au reste du monde, des limites de ce qui pouvait être attendu de la gouvernance en place.

    Vous n’êtes personnellement en rien responsable du naufrage du Joola. Et personne ne vous accuse de rien.

    Mais si les positions restituées par l’article ci-dessus sont conformes à la réalité, vous vous discréditez personnellement dans de multiples dimensions :

    • vous vous rendez complice du défaut d’instruction judiciaire du naufrage du Joola ;
    • vous vous rendez complice de l’instauration du régime de non droit qui depuis 2002 s’installe et se développe au Sénégal à l’initiative des gouvernants ;
    • vous vous rendez complice du discrédit généralisé du Sénégal à l’échelle internationale.
    • vous vous rendez complice du sentiment d’impunité de tous ceux qui au quotidien commettent des crimes et délits à partir de leurs fonctions nationales.

    Vous mesurerez par vous-même votre utilité personnelle pour le pays, dans son contexte actuel plu que jamais auparavant, de reconnaître et assumer pleinement la vérité de la responsabilité de l’Etat du Sénégal dans le désastre du Joola. Du moins si vous êtes des gens honnêtes de notre pays, et capables de lui rendre réellement service.

    Occuper un titre et un poste national est à la portée de n’importe quel individu. Le quotidien de la gouvernance du Sénégal le démontre sinistrement. Exercer des responsabilités et avoir une utilité nationale toute autre.

    Vous avez eu les privilèges d’un poste de haut fonctionnaire. Ayez maintenant l’Honneur de servir les intérêts fondamentaux du Sénégal.

    L’Histoire du Sénégal ne pourra vous en être que reconnaissante.

    Un compatriote

  • 2000 morts, et pas de coupables. ET l’auteur se félicite que le justice ne soit pas faite. Bravo, c’est bien, en route vers les sommets... Faire de la publicité sur vous et non sur les victimes, vous associer à El Hadj Diouf, aussi fin et brillant que le footballeur eponyme, lui donner le crachoir pour qu’il traite de « Ndeyssan » les victimes qui cherchent éperdument la vérité et la justice, c’est indigne de vous. Si vous êtes innocente, vous devriez etre mobilisée par une seule chose : trouver les coupables et aider les proches des victimes à comprendre ce qui s’est passé, ce qui peut inclure que vous acceptiez de témoigner devant la justice. Si vous etes responsable (mais pas coupable, « jurisprudence » Gorgina Dufoix), alors vous devriez avoir honte de parader sur l’autel de l’impunité nationale. Vous choisissez d’attaquer « des réseaux tapis dans l’ombre », en oubliant que le ciment de ces associations n’est rien d’autre que l’injustice, que vous perpétuez sans retenue.
  • « merveilleusement défendue » dites vous ? la requête des avocats sénégalais a été déclarée irrecevable, leur action n’a eu strictement aucun effet. C’est un appel du parquet français, motivé par une jurisprudence sur les immunités, qui a permis la mainlevée (et non l’annulation) du mandat contre Mame Madior Boye et Youba Sambou . Je note par ailleurs que ce collectif d’avocats, et Me Diouf au premier rang, sont particulièrement bien placés pour dénoncer ceux qui vivent des catastrophes ...

    Quant à se féliciter bruyamment de l’intervention de l’Etat dans une affaire judiciaire, cela en dit long sur leur conception de l’indépendance de la justice.

  • « Je n’ai rien à me reprocher, on m’accuse à tort ! »

    3 juillet 2009 11:30, par Famille de victimes du naufrage du Joola

    Madame, au nom de la vérité et de la justice qui protégez-vous ? de quoi avez-vous peur si ce n’est que nous avons besoin de la vérité et de la justice. Vous vous accablez toute seule en ne respectant pas les familles de victimes....se servir d’arguments politiques, laisser faire une justice propre pour les 2000 victimes (13 nationalités. C’est le Sénégal qui n’a pas respecté les familles en classant l’affaire, en banalisant ce drame, en le méprisant depuis 2002 et jusqu’aux propos depuis le délibéré du 16 juin 2009. Dieu est grand Madame, la vérité surgira....ne vous cachez pas derrière la politique....

    UN DRAME,UN NAUFRAGE QUI DEMANDE LE RESPECT POUR LES VICTIMES MORTES DANS D’ATROCES SOUFFRANCES PAR MANQUE DE SECOURS... TOUT LE MONDE SAVAIT DU PRESIDENT, SON FILS ET LES MINISTRES,VOUS PARTICULIEREMENT QUE LE BATEAU N’ATTEINDRAIT PAS DAKAR.IL ETAIT IMPORTANT POUR VOUS DE LE REMETTRE EN NAVIGATION...........LE JUGE N’A PAS EMIS UN MANDAT PAR ACHARNEMENT CONTRE VOUS. Les familles franco-sénégalaises place du Trocadéro à Paris le 20 juin 2009 http://www.youtube.com/watch ?v=Ap9G4CiEwoY allez voir la vidéo de Me Daouda Seck qui défend les « sans voix » : http://www.24sn.com/Video-Affaire-du-Joola-Une-accablante-video-denoncant-l-irresponsabilite-du-gouvernement-senegalais-fait-le-tour-du_a529.html Il faut honorer la mémoire des 2000 victimes

    Voir en ligne : le Joola, naufrage de la honte pour le Sénégal

  • madame, honnetement vous etes responsable et non coupable, mais il devait y avoir une enquete pour determiner les responsabilités. rappelez vous de lhistoire du « sang contaminé en france » letat senegalais, au lieu de resoudre le problème n’a fait que le deplacer,


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