Le Sénégal est en pleine mutation. Une mutation dans tous les sens du terme. Cette mutation se déroule là sous nos yeux au plan sociologique, politique et infrastructurel. Je peux l’affirmer sans risque de me tromper, moi qui suis de cette génération qui a vu passer le temps et les hommes depuis l’indépendance. Quand on revenait au bercail après des mois ou des années d’absence, on avait coutume de dire que rien n’avait bougé, rien n’avait changé malgré les milliards de dons ou de prêts que le Sénégal recevait. C’était désespérant. Combien de fois n’a t-on pas vu l’autoroute ou certaines artères principales de la capitale revêtir de nouvelles couches d’asphalte histoire de tromper la galerie ? Entre autres exemples, nous avons ces réalisations qui datent de « Sénégal 92 ». Ce sont la Voie de Dégagement Nord qui au finish était différente du projet initial, c’est aussi le pont (s’il faut l’appeler ainsi) de la Patte d’Oie qui a coûté la bagatelle d’un demi milliard de nos francs et qui s’est avérée être une véritable escroquerie tellement l’ouvrage ne répondait pas aux critères d’un pont digne de ce nom.
Cette époque me semble révolue. Depuis quelque temps, on parle beaucoup d’un nouveau concept ou slogan : « La Génération du Concret ». Il peuple nos murs sous forme de tags, il anime nos conversations de salon et nombreuses sont ces personnes qui s’en réclament au point de créer des cellules ou groupes sous cette dénomination. Il me plaît de réfléchir sur ce nouveau concept à la mode dont Karim Wade est paraît-il le concepteur. Si on parle beaucoup de « La Génération du Concret » c’est pour généralement la ramener à une dimension strictement politique. Je ne crois pas que cela soit l’essence de ce concept. Il a, à mon avis une signification plus profonde. Il me semble que ce concept est né d’une nouvelle approche dans la gestion des fonds publics en comparaison de ce qui se faisait auparavant. Nous avons tous le souvenir du principe qui voulait que lorsqu’on était nommé à un poste de responsabilité avec des fonds importants à gérer, il fallait d’abord se servir royalement, appeler sa famille et ses affidés à la ripaille autour de fonds que l’on est sensé gérer au nom de la collectivité publique. C’est ainsi que nous avons vu, depuis l’Indépendance, de nombreux projets importants devenir des morts-nés avec la dissipation des fonds alloués. Quelquefois, les projets sont redimensionnés avec des conséquences négatives sur leur qualité et leur utilité. Et lorsque les scandales éclataient, il était courant d’aller se réfugier chez son marabout afin d’implorer ses prières et son intermédiation afin d’éviter le déshonneur et les affres de la prison.
Aujourd’hui, nous sommes tous témoins de la réalisation d’ouvrages qui sortent de terre comme par enchantement tellement ils relevaient du rêve. Je dois avouer que lorsque le Président Wade nommait son fils Karim à la tête de l’ANOCI, je fais partie de ceux qui ont pensé qu’il lui avait trouvé une bonne planque, histoire de lui permettre de se beurrer lui aussi, et que ses grands projets ne verraient pas le jour ou n’iraient pas à leur terme. Sincèrement, je n’y croyais pas. Ces belles maquettes étaient trop belles pour devenir réalité dans ce Sénégal que nous connaissons. Comment ces travaux allaient-ils être financés ? Avions-nous toute l’ingénierie financière pour le montage de ces projets ? Avions-nous les hommes capables de les suivre et de les mener à terme ? Les délais impartis à leur réalisation n’étaient-ils pas chimériques ? Ce sont là quelques-unes des questions que je me suis posé à l’instar d’autres Sénégalais. Le scepticisme était de mise. Les faits démontrent amplement le contraire. Une nouvelle génération de bâtisseurs est née. C’est pourquoi je pense que le slogan de « La Génération du Concret » plutôt que d’être politique reflète simplement un nouvel état d’esprit, une nouvelle approche dans la gestion des biens de la Cité, une nouvelle conception de la citoyenneté responsable et patriotique. C’est en cela qu’elle peut être magnifiée et servir d’exemple à tous ces jeunes qui font faire le Sénégal de demain. Maintenant si ce slogan devait servir de tremplin à ceux-là qui aspirent à occuper de hautes fonctions dans notre pays, je dirais pourquoi pas s’ils ont fait leurs preuves et ont donné tous les gages d’une probité et d’un engagement sans faille à servir loyalement leur pays, à oeuvrer pour son développement. Nous passons ainsi de cette génération du blablabla, du tiébou-diène suivi des trois normaux et de la sacro-sainte sieste à la Génération du Concret qui dit ce qu’elle va faire et qui tient au respect de ses promesses.
A la base de ce concept de « La Génération du Concret », il y a un homme, le Président de la Répubique, Maître Abdoulaye Wade. Il faut bien rendre à César ce qui appartient à César. En effet, à l’avènement de son Pouvoir, il a fait le pari de la jeunesse. Agissant de la sorte, il montrait simplement qu’il avait été élu par un électorat majoritairement jeune et a entrepris de l’associer à la gestion des affaires de la Cité. Même s’il a eu à connaître des déceptions avec certains, les faits lui ont donné raison dans son acharnement à vouloir s’entourer des valeureux fils et filles de ce pays, à leur faire confiance afin qu’ils travaillent de concert avec lui à l’avènement d’un Sénégal nouveau. En nommant son propre fils à la tête de l’ANOCI, le Président Wade a voulu certainement montrer à la face de ses compatriotes mais aussi à la face du monde qu’il a une vision pour le Sénégal et qu’il dispose des ressources humaines nécessaires pour la matérialisation de celle-ci. Le Président Wade oeuvre également à cette mutation générationnelle dont on parle beaucoup en préparant la relève pour demain. En effet pourquoi les bons gestionnaires d’aujourd’hui ne pourraient-ils pas valablement se présenter demain devant les Sénégalais et demander leurs suffrages ?
Si la « Génération du Concret » est celle qui sait où elle va, si la « Génération du Concret » est cette génération qui a une haute idée de la Nation et de son Développement, si la « Génération du Concret » est cette génération qui travaille d’arrache-pied à l’avènement d’un Sénégal Nouveau, si la « Génération du Concret » est la génération qui a une nouvelle conception de la gestion de la Cité, si la « Génération du Concret » est composée de jeunes femmes et de jeunes hommes patriotes prêts à relever les défis, Oui, si c’est tout cela la « Génération du Concret », alors n’hésitons pas à l’adopter et à y adhérer massivement. C’est avec elle que se fera le Sénégal de demain.
Ekwalla Théo
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