Sur les 20 membres du gouvernement nommés vendredi, 14 sont candidats aux législatives. Si bien que l’équipe de François Fillon sera par la force des choses en campagne jusqu’au 17 juin.
L’enjeu est important pour chacun d’eux. Car il leur faut gagner cette élection pour asseoir leur légitimité au sein du gouvernement. François Mitterrand considérait d’ailleurs qu’un ministre battu ne pouvait pas rester au gouvernement.
Dans ce contexte, ce n’est qu’ensuite que viendra le temps de l’action.
Certes, il en a été presque toujours ainsi pour le premier gouvernement d’un nouveau chef de l’Etat. Sauf en 1995, quand Jacques Chirac avait promis de ne pas dissoudre l’Assemblée nationale après son élection comme l’avaient fait ses prédécesseurs. Il disposait à l’époque d’une majorité pléthorique issue des législatives de 1993. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing n’avait pas dissous lui non plus l’Assemblée, élue un an plus tôt.
Mais, le gouvernement de François Fillon devra donner le sentiment d’une action rapide, comme promis par le président Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle.
Confronté à la difficulté d’agir tout en ne déplaisant pas trop en cette période électorale, le gouvernement devrait choisir de s’attaquer à des sujets consensuels.
Dès vendredi, François Fillon s’est rendu dans un foyer parisien accueillant des mères en grande difficulté sociale ou financière, et a promis de faire de la violence faite aux femmes et de la lutte contre l’exclusion « la plus grande priorité ».
M. Fillon a mis l’accent sur sa volonté de mettre en oeuvre le droit au logement opposable qui a fait l’objet d’une loi adoptée définitivement en février dernier et de s’atteler au droit opposable à la garde d’enfant, une promesse de campagne de M. Sarkozy.
Le chef de l’Etat avait montré la voie en faisant du dossier EADS « une urgence » lors de sa rencontre mercredi avec la chancelière allemande, Angela Merkel.
A Toulouse où il a rencontré les représentants des salariés d’Airbus, filiale d’EADS, Nicolas Sarkozy s’est engagé à interdire les « parachutes dorés », décriés unanimement après le scandale des indemnités versées à l’ex co-président du groupe, Jean-Noël Forgeard.
Il a affirmé qu’un texte serait « déposé » en ce sens cet été par le ministre de l’Economie Jean-Louis Borloo.
Durant la campagne législative, président et gouvernement devraient multiplier les gestes de cette nature afin d’obtenir une large majorité à l’Assemblée nationale, qui donnera les moyens politiques d’agir.
En conséquence, les annonces réputées impopulaires relatives à une quelconque rigueur budgétaire ou à des réductions d’effectifs dans la fonction publique prévues dans le programme présidentiel pourraient attendre.
Le premier exercice difficile du gouvernement devrait être à cet égard le collectif budgétaire qui devrait être présenté au Parlement durant la session extraordinaire de cet été.




























