
Sous la houlette de leur nouveau leader, Massène Niang, depuis le décès il y a bientôt deux ans de son fondateur, l’ancien président du Conseil (1959-1962), Mamadou Dia, ils estiment qu’ils n’ont pas besoin de dialoguer à deux ans des élections, « et ce après dix années de mal gouvernance et de pillage systématique des ressources de notre pays. » A leur yeux , le président Wade veut « tout simplement, nous impliquer dans sa gestion libérale que tout le peuple a rejetée », souligne le communiqué.
Le Msu se veut formel : « ce que nous voulons, et qui est exigé par le peuple, c’est l’unité autour des conclusions des assises nationales, des élections transparentes et régulières pour une alternance démocratique apaisée, choisir un modérateur compétent, crédible est consensuellement accepté pour diriger une concertation sur la fiabilisation du processus électoral » ; « faire un audit du fichier électoral avec l’apport des experts de l’Union Européenne » ; mettre en place un « observatoire du fichier électoral afin de le rendre fiable et contrôlable en permanence ; mais aussi, pour éviter qu’une seule partie prenante des élections ne le gère après l’audit ». Le parti, membre de la coalition « Benno Siggil Senegal » ajoute à cette liste la « diffusion de la carte électorale et sa validation au niveau de chaque circonscription électorale », sans oublier la Commission électorale nationale autonome (Cena) qui doit mette en œuvre ses prérogatives.
Par ailleurs, le Msu considère que c’est « pour seulement crédibiliser sa gouvernance que l’occident (les bailleurs de fonds) a décriée et rejetée pour des faits récurrents et flagrants de détournements de deniers publics et de corruptions » que le régime libéral a initié une sorte d’opération « mains propres », à l’instar des scandales qui secouent l’Agence de régulation des postes et télécommunications. Mais il est convaincu que « cette affaire risque de se retourner contre le régime ». Pour les camarades de Massène Niang « il existe beaucoup de zones d’ombres dans ce dossier que le rapport de l’IGE na pas révélées, mais que le rapport contradictoire du cabinet Aziz Dieye (qui est toujours attendu, malgré le paiement intégral de ses honoraires) pourrait révéler à la justice ».
Ils demandent aux « administrateurs de l’Artp qu’on veut utiliser comme boucs de sacrifices, de tenir bon pour permettre à la justice de continuer les investigations, mais aussi, pour informer le peuple sur la traçabilité des 100 milliards de la Sudatel qui se sont mystérieusement transformés en 80 milliards.
Cette prise de position du Msu tombe comme un cheveu dans la soupe alors que le porte-parole du khalife général de la confrérie Tidiane vient de boucler une série de rencontres avec les principaux chefs de parti de l’opposition. En début de semaine, Serigne Aboul Aziz Sy « Al Amine » avait d’ailleurs rencontré les partis « non alignés », toujours pour renouer les fils du dialogue entre le pouvoir et l’opposition. Par ailleurs, certaines franges de l’opposition avaient mal pris le fait que le guide religieux ait limité ses rencontres avec les ténors de la principale coalition de l’opposition. Une manière, sans doute, de rappeler qu’en dépit de leur faible représentativité syndicale, elles jouent leur partition dans le combat politique contre le président Wade.





























