
A travers un éditorial fleuve paru dans les colonnes de l’édition du vendredi du quotidien Le soleil, Cheikh Diallo, de la Génération du concret, théorise « la mort assistée du Pds et la naissance d’un vaste mouvement populaire basé essentiellement sur l’idéal politique et le néo-réalisme de Me Abdoulaye Wade. »
Considérant que dans ce siècle d’épuisement des solutions idéologiques, l’idée de parti ou ce qu’il convient d’appeler le phénomène partisan, commence à toucher ses limites structurelles et conjoncturelles, le conseiller en communication de Karim Wade constate la léthargie des instances du Pds non renouvelées depuis 1996. Suffisant pour diagnostiquer le mal qui ronge « le mâle dominant » qu’est le Pds, à ses yeux.
« Chez les « frères » libéraux, nous observons un formidable centralisme démocratique ; ils ont fait de Me Abdoulaye Wade, « la seule constante ». Mais au risque de souligner une évidence, les hommes comme les formations politiques, naissent, grandissent et meurent. Donc, ni le Parti Démocratique Sénégalais, ni son leader ne sont éternels », fait savoir Cheikh Diallo.
Passant en revue la mue opérée par le Rassemblement Pour la République (RPR), Cheikh Diallo souligne la nécessité de démocratiser le Pds à l’image de l’UMP de Sarkozy :
« Après plus d’un quart de siècle, il manque à cette institution de la démocratie sénégalaise, une bonne perfusion de sérum démocratique dans les artères et les veines. En vérité, chez les « Bleus », le scrutin d’appareil partisan n’est pas encore le passage obligé. En conséquence, il leur manque un mode, un instrument et même un mécanisme incontestable de sélection. Bref, il y a un besoin de filtre démocratique. Cette dévolution très démocratique donnerait une légitimité d’appareil aux responsables qui seraient élus à la base, du fait de la commune volonté des militants. »
Invitant Me Wade à céder son fauteuil de tout puissant Secrétaire général national, Cheikh Diallo écrit : « s’il devient Président d’honneur de son parti ou d’une « Union Populaire » ajustée sur les fondements du PDS, s’il choisit la patrie au profit du parti, ses pairs pourraient difficilement lui offrir une concurrence de qualité sur la scène africaine. Ainsi donc, il restera l’homme d’une cause, d’une grande cause, celle de la consolidation démocratique en Afrique. »
Dans ce sillage mais, avec moins de prose, Farba Senghor plaide pour la même cause que Cheikh Diallo. Au cours d’une conférence de presse organisée jeudi, le chargé de la propagande au Pds appelle de ses vœux, la création d’un Grand parti de la mouvance présidentielle
« Il est l’heure d’appeler à un grand rassemblement du Pds et de ses alliés pour un parti de la mouvance présidentielle fort, au sein duquel ces alliés auront des positions et responsabilités », prône celui que la presse a surnommé « l’élément hors du commun »
Avec toutes ces voix qui s’élèvent pour théoriser la mort du parti créé par Me Wade en 1974, beaucoup d’observateurs politiques ne donnent plus chère la peau du Pds. Toutefois, force est de s’interroger sur les motivations d’une telle démarche. La mort du Pds ne consacrera-t-elle pas la naissance d’une nouvelle constante issue de la Génération du Concret ?
Quelle place occupera Idrissa Seck dans cette nouvelle structure ? Qui en sera le secrétaire général si Me Wade n’y assume qu’un symbolique rôle de président d’honneur ? Quel sera le rôle des nombreux alliés de Me Wade ? Autant de questions auxquelles des réponses sans équivoque devront être trouvées pour garantir la pérennité de ce grand parti politique rêvé par les partisans du président Wade.

















