
« Wade a introduit une politique partisane dans l’armée, la gendarmerie et la police. Et c’est pourquoi les institutions n’ont plus d’autorité devant les Sénégalais. Sinon, il aurait donné le dossier de l’Anoci à une justice indépendante, car il a été constaté que l’argent du contribuable a été dilapidé.", indique-t-il.
Ce qui fait mal au secrétaire général de la Ligue démocratique (Ld) dans tout çà, c’est que pendant les périodes de galère dans l’opposition, Karim Wade était inconnu au bataillon.
"Il n’a participé à rien du tout. Comment se fait-il qu’après la victoire de son père, il soit subitement visible et qu’on lui donne toutes les prérogatives. Il n’y a pas de Premier ministre. Il n’a aucun pouvoir dans ce gouvernement. Les ministres sont des faire-valoir. Un jour, on fera le bilan de tout ça. Son fils n’a joué aucun rôle. C’est honteux de dire devant les Sénégalais : mon fils est le meilleur. Cela veut dire que Wade n’a plus sa raison. Un homme qui a sa raison ne peut pas tenir des propos de la sorte. Son fils n’était pas un crack. Il n’a rien réalisé au Sénégal ou ailleurs que les gens ont noté. Si ce n’est d’être le fils du président. C’est pour cela que les Sénégalais l’ont lourdement sanctionné. Un jugement sans appel. S’il ne sait pas se couper des boubous à sa taille, les Sénégalais l’ont fait pour lui », dit-il.
Le professeur Bathily pense que la Casamance est « l’un des échecs les plus cuisants de Wade ». Bathily déclare : « Il disait pouvoir régler la question en 100 jours. Il disait : je réglerai rapidement les problèmes de la Casamance, parce que j’ai avec moi la Ld et And Jëf, car en ce moment, en 2000, le Pds était minoritaire par rapport à nos deux partis réunis dans le Bignona, le fief de la rébellion ».
Pour le secrétaire général de la Ld, ce n’est pas un parti qui va régler la crise casamançaise. C’est un problème national, et il faut associer tout le monde à cette question. Mieux, il soutient que les assises nationales ont mis une commission nationale sur la crise casamançaise, qui a rencontré tous les acteurs, et un rapport va être ficelé très bientôt.
C’est ainsi que révèle-t-il, lors de la dernière réunion du comité de pilotage des assises, Mansour Kama a présenté les articulations de ce rapport. « Nous allons nous adosser à ce rapport. C’est ce rapport qui peut permettre de régler les problèmes de la Casamance. Il s’agit d’associer toutes les forces vives et les pays voisins », croit savoir Bathily.
Sur les 40% du budget national qui seraient investis dans l’enseignement, Bathily pense que les déclarations de Wade ne correspondent pas à la réalité. « Il est temps qu’on fasse le bilan de cet argent pour savoir où il va. Car malgré tout ce qu’on dit, il y a des problèmes sérieux dans l’enseignement », martèle-t-il.
Face à l’accusation selon laquelle ce sont les politiques qui sabotent le système éducatif, Bathily invite Wade à un débat public. « Je vais le confondre. En 1998–99, il nous avait réunis, la Ld, le Pit et And Jëf, pour nous demander d’organiser une grève générale pour faire tomber le régime de Diouf. Il avait pris l’engagement de financer l’opération. Nous avons dit non. Nous lui avions dit que nous préférons nous asseoir autour d’une table pour régler les problèmes, car ce sont les travailleurs qui décident de la finalité de leurs actions. Il nous a rétorqué que c’est une fuite en avant ».




























