
Vous avez enregistré une adhésion aujourd’hui en la personne de Hamady Dieng, un ancien d’Aj/Pads qui avait suivi le mouvement « Yoonou Askanwi ». Que vaut en termes de représentativité ce nouveau militant de l’Alliance Pour la République ?
Hamady Dieng, je le connais depuis 27 ans. Il faisait partie de nos aînés à la Faculté de Sciences. C’est quelqu’un qui a longtemps milité à Aj/Pads avant de rejoindre Yoonou Askanwi. Maintenant après une analyse prospective de la situation politique nationale, il a voulu venir cheminer avec nous dans le cadre de l’Apr. Le connaissant comme un grand militant de base à Kanel, j’ai eu un grand intérêt à le recevoir et à travailler avec lui. Cela va nous renforcer à Kanel mais aussi de façon plus globale, qualitativement dans l’encadrement du parti.

On vous entend souvent parler d’adhésion de nouveaux militants, mais peu quand il s’agit de la structuration du parti. Pourquoi ?
Vous avez bien raison de dire qu’on m’entend très peu sur la question de la structuration, ça c’est pour des raisons tactiques simplement. Vous savez que l’Apr dérange beaucoup le pouvoir aujourd’hui. D’abord puisque simplement, les plus grandes saignées du Pds vont vers l’Apr, c’est de bonne guerre. Donc c’est une grande préoccupation et tous les jours, des scénarii sont développés pour essayer de perturber notre marche. Donc parfois j’ai intérêt à ne pas trop dévoiler ce que je fais avec le parti.
Mais aujourd’hui, ce qui est constant, c’est que nous avons engagé une opération nationale d’implantation du parti et d’installation des comités de base. C’est la première étape de l’organisation. Et parallèlement nous avons bien sûr au sommet une organisation graduelle qui est en train de se mettre en forme. J’ai nommé, à la direction quelques hauts responsables pour des missions précises. Et nous sommes en train de mettre en place, c’est pour cette semaine, une commission de l’organisation et de l’implantation du parti.
Est-ce que cette structure est différente de celle qui se charge de l’installation des comités de base ?
C’est la direction des structures (que gère Mbaye Ndiaye) qui est chargée d’installer les comités. Cette commission sera plutôt chargée de recevoir l’afflux massif de militants venant d’ici et de la diaspora. Le président et son cabinet, nous seuls alors ne pouvons suffire pour prendre en charge convenablement les volontés exprimées pour venir accompagner l’Apr.
Cette commission aura non seulement une mission de supervision et de monitoring du travail fait par les commissaires politiques sous la direction des structures et pourra intervenir à chaque fois que de besoin, mais en même temps, elle permettra d’asseoir avec un responsable que je désignerai, Moustapha Diakhaté en l’occurrence, une démarche d’accueil, d’intégration et d’assimilation dans le parti. Nous allons également mettre en place des comités provisoires chargés de l’installation du mouvement national des jeunes, celui des femmes, des coordinations des cadres et des sages. Nous travaillons d’arrache-pied à l’organisation, à la structuration et surtout à la massification du parti.
Est-ce que les élections locales vous ont permis de jauger la représentativité de l’Apr ?
Les élections du 22 mars ont permis de montrer que ce parti naissant, qui n’avait que deux mois d’existence, avait gagné, dans le cadre de la Coalition « Dekkal-Ngor », 22 collectivités à devant, le Pds, « Bennoo Siggil Senegaal » et les autres. Ensuite, l’Apr a été une des composantes essentielles de « Bennoo Siggil Senegaal ». Nous avons le triomphe modeste, nous n’allons pas dire que nous sommes la cheville ouvrière de cette coalition mais tout le monde sait que, c’est quand nous sommes arrivés que « Bennoo » a gagné, ça au moins, il faut qu’on nous le concède.
Ce qui est constant, c’est que sur 81 collectivités locales pour lesquelles nous avons été en compétition en solo, nous en avons gagné 18. Et nous contrôlons quatre localités gagnées dans le cadre de « Bennoo ». Mais le potentiel de militants est dépassé entre Mars et maintenant puisque chaque jour nous nous enrichissons d’apports nouveaux. Dieu merci, nous touchons du bois, la croissance est vraiment exponentielle.
Souleymane Ndéné Ndiaye se prépare à passer devant les députés pour sa déclaration de politique générale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je prie pour lui parce que d’abord Souleymane Ndéné c’est un ami personnel, cela la politique ne peut pas le changer. Nous nous sommes connus à l’Université. La politique qu’il sera chargé de décliner est tellement inconstante. Je suis passé par là. Moi je lui souhaite simplement de réussir. Le fera-t-il ou pas, je ne sais pas. Ce que je sais par contre, c’est que le pays est dans une situation extrêmement sérieuse du point de vue de la dégradation du climat politique, de la situation économique et sociale !
Donc vraiment, il a du pain sur la planche. Je lui souhaite en tant qu’ami de réussir, sans trop grande illusion d’ailleurs. Mais je pense qu’il est conscient des défis qui se dressent devant lui en tant que chef du gouvernement. Pour le reste attendons de voir.
Êtes-vous pour ou contre le Conseil Economique et Social ?
Je ne suis pas opposé à l’idée d’un Conseil économique et social dans une République normale et normée, ce qui n’est pas le cas ici chez nous. Le Conseil économique et social doit être un aréopage d’acteurs divers qui permettent de donner librement un conseil au président de la République, au gouvernement et même au Parlement. Dans un tel schéma, je n’ai absolument pas d’opposition par rapport au Conseil économique et social.
Mais si le conseil doit être une institution de plus pour caser des hommes politiques parce que le Sénat ne suffit pas, déjà qu’il est décrié, parce que l’Assemblée Nationale ne suffit pas, parce qu’un gouvernement de 40 membres ne suffit pas, rien ne suffira. On n’aurait changé le pays en N institutions, ils ne seront jamais satisfaits puisqu’aujourd’hui malheureusement (au Pds), tous ceux qui ne se retrouvent pas dans une position institutionnelle, ils ne sont pas contents, ils râlent. C’est ce qui fait que ce parti majoritaire aujourd’hui est dans la plus grande confusion. En plus, le Conseil économique et social ne doit pas être aligné sur l’Assemblée Nationale par rapport aux charges où chaque conseiller doit avoir un véhicule comme les députés ou les sénateurs. Les institutions ne sont pas les mêmes. Il ne faut pas qu’on mélange les genres.
Tant que c’est un Conseil économique et social où les gens ont des indemnités pour conseiller les pouvoirs publics, je ne suis pas hostile. Le Sénat, j’ai été toujours constant, je pense que c’est inutile dans le cadre actuel du Sénégal. L’Assemblée Nationale remise dans ses bottes devrait suffire pour assumer la fonction de représentation nationale. Il faut qu’on s’inspire de la tendance mondiale avec des assemblées fortes comme ce qui se passe actuellement en Europe. Aujourd’hui, les chefs d’Etat et de gouvernement ne suffisent pas pour élire le président de la commission européenne. Il faut qu’ils aillent valider cela devant le Parlement. C’est cela la démocratie. Mais ici, on a tout à fait le contraire. On pense que quand on est majoritaire, tout ce qui vient doit passer.
Ce n’est pas ma conception et c’est pourquoi j’ai eu des divergences avec mes anciens amis. Les institutions doivent être fortes et crédibles. Ce que le président Obama a dit à Accra, je l’ai salué parce que c’est ma conviction et je l’ai même dit avant. Nous croyons en des institutions fortes. C’est cela qui fonde la démocratie sans laquelle, il ne peut pas y avoir de développement.





























