vendredi 19 mars 2010 - ABDOULAYE WADE SUR LES ONDES DE RFI
« Le Sopi est arrivé et tout a changé au Sénégal »
NETTALI.NET – Le président Abdoulaye Wade fait le bilan des dix ans qu’il a passés à la tête de l’Etat du Sénégal. Et le chef de l’Etat sénégalais est convaincu qu’avec le Sopi, tout a changé au Sénégal, « jusque dans les mentalités ». Dans cet entretien diffusé vendredi matin, sur Rfi, Wade revient sur le conflit en Casamance, ses relations avec ses alliés d’hier…

RFI : Monsieur le Président, bonjour. 19 mars 2000-19 mars 2010. Est-ce que dix ans après votre élection, vous avez le sentiment que le « Sopi », le changement que vous appeliez de vos vœux, est intervenu ?

Abdoulaye Wade : Absolument. Le « Sopi » est arrivé. Tout a changé ici au Sénégal jusque dans les mentalités. Les mentalités ont changé. Il y a une époque où les Sénégalais étaient frileux, anxieux. On dit qu’à un moment donné, quand on demandait à un Sénégalais en Europe de quel pays tu es, il disait « Mali ». C’était un autre pays. Aujourd’hui ils sont très fiers.

RFI : Qu’est-ce que vous considérez comme vos principaux succès en dix ans ?

A.W. : Moi, mon principal succès, c’est vraiment d’avoir réussi à faire accepter par les Sénégalais d’investir 40% du budget dans l’éducation parce que ce n’est pas évident. Quand moi, je mets des jalons pour gagner la bataille de demain, évidemment ce n’est pas visible. Je peux être critiqué. On me dit « vous faites des routes mais les routes ça ne se mange pas ». C’est vrai, ça ne se mange pas, mais ça peut être pire si on n’a pas de routes. Mes prédécesseurs faisaient de mauvaises routes et tous les ans, on est obligés de les refaire, dès qu’il y avait la moindre pluie. Maintenant, moi je fais des routes comme en Europe. Pendant vingt ans, trente ans, quarante ans, on n’y touche pas.

RFI : Donc vous diriez que vos principaux succès, ce sont les infrastructures et l’éducation ?

A.W. : C’est l’agriculture aussi. La Goana (la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance), c’est une révolution au Sénégal. Vous savez que le Sénégal a toujours importé ce qu’il mangeait. C’était le pays le plus dépendant alimentairement de l’extérieur. Nous avons produit cette année 520 000 tonnes de riz sur les 600 000 de consommation nationale, c’est-à-dire que l’année prochaine et l’année suivante, au maximum, nous aurons réalisé notre autosuffisance alimentaire.

RFI : Qu’est-ce que vous considérez comme vos principaux échecs par ailleurs ?

A.W. : Moi, je n’ai pas échoué, voilà... Je ne vois pas du tout où j’ai échoué. Franchement... J’aimerais bien que vous me citiez un domaine et, à ce moment-là, je pourrais vous répondre... Un échec, je ne vois pas.

RFI : Tout de même, la population a le sentiment que son niveau de vie s’est dégradé en dix ans. Qu’est-ce que vous lui répondez ?

A.W. : Attendez, quand vous dites « la population », il faut savoir de quelle population vous parlez. Le pays comporte 70% de paysans. Allez demander aux paysans si la situation s’est dégradée. Au contraire ! Je ne dis pas qu’ils sont particulièrement heureux, ce n’est pas vrai, parce que leur situation est difficile. Mais la situation là-bas s’améliore. Maintenant ici à Dakar, vous avez deux types de population pour simplifier. Vous avez les populations urbaines qui ont des salaires, mais ceux-là ne se plaignent pas. J’ai augmenté les salaires moi alors que sous le régime de Diouf, on a coupé les salaires. Maintenant, il y a la banlieue. Cette périphérie-là, logiquement, ce sont des gens qui devraient être mécontents surtout qu’ils ont été inondés : des pluies abondantes ont inondé les quartiers et les gens, jusqu’aujourd’hui encore, ils ont les pieds dans l’eau. Nous comptons sur l’armée française qui est là avec notre armée... avec les gros engins... pour faire le grand travail quil y a à faire. Je pense que jusqu’à présent, on a bricolé. Il y a de l’eau qui stagne, on amène des pompes. J’étais avec le directeur de l’urbanisme, nous avons regardé tout ça et nous avons un plan global qui va régler le problème de l’insalubrité à Dakar, le problème des inondations.

RFI : Monsieur le Président, beaucoup des alliés politiques que vous aviez au début de l’alternance, Amath Dansokho, Abdoulaye Bathily, Moustapha Niasse, vous ont quitté pour passer dans l’opposition. Qui a trahi qui ?

A.W. : C’est facile à comprendre. Moi je suis un libéral, un démocrate. C’est vrai avec ces gens-là, nous nous sommes battus pour arriver à l’alternance. Ils m’ont soutenu. Mais ils ne peuvent pas comprendre, c’est leur idéologie, qu’une fois que je suis élu, je suis le Président de la République. Moi, je ne fais pas de la direction collégiale, ce n’est pas possible. Et c’est ce qu’ils voudraient. C’est pourquoi je me suis rapidement séparé d’eux.

RFI : Au sujet de la Casamance, Monsieur le Président, on assiste à une reprise des incidents avec des éléments présumés du MFDC. Comment selon vous on peut aller à une paix définitive avec le Mouvement des forces démocratiques de Casamance ?

A.W. : Je travaille à la paix nuit et jour. On avance et aujourd’hui, il y a en Casamance deux choses. Il y a certains indépendantistes qui sont des gens qui veulent la paix. César Atoute Badiate, qui vit à la frontière avec la Guinée Bissau, c’est le chef du MFDC qui se dévoile. L’autre chef, Salif Sadio, extrémiste, reclu dans un coin. Moi je suis en train de dialoguer avec le premier. Est-ce qu’il vaut mieux continuer ce dialogue qui est difficile parce qu’il y a des aspects culturels ou alors prendre l’armée et raser tout ? Moi j’ai choisi le dialogue. Alors évidemment, de temps en temps, il y a des attaques sur les routes, c’est vrai. Mais c’est quoi ça ? Ce sont des indépendantistes qui ne veulent pas de la paix. Ils sont téléguidés de l’extérieur. D’autres, je le reconnais, étaient sortis du maquis, sont venus et nous ont dit « trouvez- nous du travail et nous on ne retourne plus dans le maquis ». Le gouvernement n’a pas réussi à s’en occuper. Il y a eu négligence et ces gens-là sont retournés dans le maquis. Et pour vivre, ils font des coups sur les routes. Je vous disais tout à l’heure qu’il y avait les aspects culturels. Ces indépendantistes avaient prêté des serments dans la forêt. Et quand ils prêtent le serment dans la forêt, il faut les délier de leur serment par les mêmes procédures initiatiques. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, je me suis adressé aux femmes et ces femmes sont en train de les délier de leur serment pour qu’ils sortent de là. Alors ce qu’il faut, je crois que ce qu’il faut, c’est s’armer de patience et discuter avec eux directement. Certains me disent « il faut réunir différentes factions pour discuter... ». Ça, les anciens nous ont appris à diviser pour régner et non pas réunir des ennemis pour discuter avec eux. Ça n’existe pas. Moi, je discute avec les gens qui sont au front, mais je ne suis pas prêt à les rassembler pour discuter. Il faut que cela soit très clair.

RFI : Donc des discussions isolées avec chacune des factions séparément ?

A.W. : Actuellement, c’est ce que je suis en train de faire. Et maintenant il y a une branche radicale qui ne veut pas discuter, on verra bien. Il y a certaines personnes qui disent « nous sommes les cadres de la Casamance. Nous demandons que le dialogue passe par nous ». Je dis « niet ». Je ne dialoguerai pas par vous. C’est des bons bourgeois ici, et parmi ceux-là, il y en a qui entretiennent la rébellion jusqu’au jour où on leur dira « venez nous aider » et à ce moment-là, ils nous diront « ah, c’est nous qui avons réalisé la paix ! ». On les connaît.

- Mis en ligne par Nettali -


  • Et oui tout à changé ! Suite aux monstrueux embouteillage crées par la foule en liesse venue fêter les 10 ans de l’accession au pouvoir du Président Wade. Mon taxi a mis 2 h 30 pour rallier les Mamelles au Môle 1 !!! Bien qu’au téléphone la COAMA SA, Sté gérante de l’Aline Sitoé Diatta, m’ayant indiqué que l’embarquement se poursuivrait jusqu’à 19 h 15, à 19h 03 les portes étaient closes et je me suis retrouvé avec une cinquantaine de passagers, qui comme moi avaient été victime de la circulation, obligé de faire mon deuil de ce petit voyage en Casamance. Il ne me reste plus qu’en souvenir de cette aventure, à faire encadrer mon billet puisque celui-ci n’est pas remboursable ! Vive le Sénégal qui marche... à reculons
  • C est vrai que tout a change MAIS en MAL
  • Tout ceci est bien triste. Wade dit que les paysans sont heureux. Comment le sont-ils. ? Wade nous prend pour des demeurés qu’il peut manipuler tout le temps. Il ajoute même que ses alliés, il les a fait sortir de son gouvernement les uns après les autres pour des divergences idéologiques. Que c’étaient des communistes. Moustapha Niasse a été communiste quand ? Madior Diouf, qui était avec Cheikh Anta Diop, a-t-il jamais été communiste de sa vie ? Wade a trahi, un point, c’est tout ! De toute manière Wade a fait beaucoup de mal au Sénégal. Il n’aime pas le Sénégal. Il ne respecte pas le Sénégal. Arrivé au pouvoir affamé, pauvre depuis son jeune âge, ayant grandi dans la rue et beaucoup souffert de privatios multiples, il se venge aujourd’hui en narguant le peuple.Bientôt il s’en ira. Dieu est juste. Le vieux Beye, de Pout, ancien condisciple de Wade, est émouvant dans son témoignage, quand il invite son ancien carade de classe, à redevenir humain, tout simlement, ne serait-que pour ce que l’histoire retiendra de lui dans le futur.Wade l’écoutera-il ? Honte à celuiqui a trahi son serment,ses électeurs, ses alliés, ses amis ! Astou Kébé, Directrice d’Ecole en retraite, ta cousine de Grand Dakar que tu as abandonnée et qui te pardonne.. Dieu est Grand


Publicité
Publicité
Emergence de l’Afrique, Moubarak Lo nous livre sa recette (Africa24)


Archives : L’importance du Travail, selon Serigne Bara Mbacké

Archives : Serigne Bara Mbacké interdisant les écoles françaises à Touba
Publicité
Publicité

REFUS D’OCTROI DE VISA AUX AFRICAINS
CHERIF IBRAHIMA MOCTAR DIENG, PRESIDENT DE L’UNION UNIVERSITAIRE DE LUTTE CONTRE LA DREPANOCYTOSE PARLE DE SA MALADIE : Joie et « souffrances » d’un drépanocytaire à qui on avait prédit la mort avant l’âge de 18ans
Publicité
FLAGRANTS DELIRES

Reportage sur Little Senegal à New York - partie 3


Reportage sur Little Senegal à New York - partie 2

Reportage sur Little Senegal à New York

Derniers commentaires
Mbaye Ndiaye joue les troubles-fête, Doudou Wade le fait virer !
31/07 | Mr Doudou Wade attention,car chaque pouvoir humaine a une fin,et la fin de (...)

Me El Hadj Diouf boude la séance et traite Doudou Wade de dictateur
31/07 | Voila pourquoi,le sénégal n’a plus de respect sur le plan (...)

Cellou Dalein Diallo engrange des soutiens de taille
31/07 | Cellou dalein diallo à été premier ministre sous le régime criminel de (...)

Etat du Sénégal/Orange : la guerre à partir du 1er août
31/07 | la sonatel se sucre tjrs sur le dos des senegalais. chaque année bcp de (...)

Bara Tall refuse de se faire filmer aux côtés de Karim Wade
31/07 | Merci mr Tall,un jour,il aura la justice dans notre pays,car la (...)

Hann Mariste implore l’intervention de Wade
31/07 | du courage vous de Hann Mariste ces gfens qui minimise votre combat sont (...)

Le dangereux lapsus de Wade
31/07 | Cette télé est irresponsable, elle devrait enlever ces propos au montage. (...)

Publicité


  • Administration
  • Commercial & publicité
  • Contact
  • Actualités
  • Idiovisuel
  • Chroniques