
NETTALI.NET - Les internautes du monde entier ont fini de voir passer cette vidéo ô combien embarrassante pour la police espagnole, tant elle vient ternir son image, et bien plus, celle de l’Espagne, royaume réputé si paisible et accueillant au point que des « boat people » sénégalais et africains par milliers, le prennent d’assaut et y échouent en masse. Il est évident que, même si l’Espagne s’est en partie construite grâce à l’apport de l’immigration, chaque pays a une politique de gestion des flux migratoires faite, entre autres tâches, de reconduction aux frontières des personnes en situation irrégulière. On ne peut pas ne pas être d’accord avec cela, surtout qu’à l’heure actuelle, l’Espagne est l’un des pays d’Europe qui a le plus fort taux de chômage. L’immigré est toujours le bouc émissaire partout où il se trouve, et le thème du chômage est souvent abordé en corrélation avec le phénomène de l’immigration. Avec la crise économique actuelle et la progression du chômage en Europe, les policiers auront toujours cette mission ingrate de rapatriement des personnes en situation irrégulière. Ils seront sans doute débordés dans leur missions de tous les jours, mais, cela ne peut jamais pour autant justifier cette attitude à la fois inélégante et irrespectueuse de la dignité humaine, comme ce fut le cas avec ces policiers espagnols. Après tout, ils sont formés pour gérer de pareilles situations. Avec intelligence !
« Ces affamés qui viennent nous prendre nos boulots », la formule pourrait se résumer ainsi et elle est même récurrente. L’immigration est aussi un thème permanent de campagne en Europe pour les partis d’extrême-droite qui jouent à fond cette carte. C’est vrai du Front national (en France avec Jean Marie Le Pen connu pour ses formules qui font mouche et qui « plaisent bien », « ces immigrés du ventre », « les étrangers, on les aime, chez eux » ; cela l’est aussi de la Grande Bretagne avec le BNP (British National party) ; cela l’est encore plus de l’Italie avec la Ligue du Nord d’Humberto Bossi. Cette chasse aux immigrés se note souvent dans les dérapages verbaux de Silvio Berlusconi, président du Conseil italien. Le Vlamsblok en Flandres (partie de la Belgique habitée par les flamands par opposition à la Wallonie, partie francophone) surfe également à mort sur ce thème.
Jusqu’ici, on peut les comprendre, ce sont des gouvernants, ils ont des citoyens à qui ils doivent rendre des comptes et c’est comme cela. Ce sont en plus des pays démocratiques où, on respecte plus le citoyen que dans nos pays. Ils sont contraints à des explications et solutions ; et lorsqu’ils n’en ont pas, face aux problèmes d’emploi, ils jouent sur les peurs et à donner de fausses solutions. On ne s’étonne plus que des politiques puissent ruser, c’est dans leurs pratiques et méthodes !
Mais après tout, il faut bien trouver des bouc-émissaires et les immigrés en sont de bons. Sarkozy ce détracteur fou de l’ « homme africain » en a fait son fonds de commerce pendant longtemps avant de devenir, en partie grâce à cela, président de la république. Il avait atteint une certaine côte de popularité en tant que ministre de l’intérieur avec sa tyrannie des chiffres (objectifs chiffrés en termes de rapatriement fixé aux préfets de police à l’époque où, il était ministre de l’intérieur) en abordant de manière récurrente ce thème, allant même jusqu’à des dérapages verbaux « « nettoyage au karcher », « sauvageons », « la France, on l’aime ou o la quitte ». Et depuis qu’il est président, on l’a moins entendu sur le sujet. L’immigration est un sujet bon sujet pour capter les français !
Il en est ainsi parce que l’immigration est un sujet cyclique. Avant les élections ou à la veille des élections, c’est toujours un sujet traité. Et puis lorsque les élections sont passées et que la situation politique se « calme » à nouveau, on oublie le sujet. Des statistiques sortent et préviennent du manque de main d’œuvre dans certains secteurs ou font état du vieillissement de la population, on fait à nouveau appel aux immigrés, ce réservoir inépuisable de bras. Logique, l’Europe a besoin de mains d’œuvre, la population est vieillissante, les médecins et ingénieurs manquent. Et puis on fait dans la communication et on sort des termes bizarres et blessants tels que : « immigration choisie » pour fonder tout un discours qui consiste à dire : « vous les pays en voie de développement, vous formez vos cadres, on en choisit désormais ceux dont on a besoin et le reste vous les gardez chez vous ». Qu’est ce qu’ils sont au finish ingrats ! Ils vous pressent comme un citron et après, ils vous jettent telle une vieille chaussette !
On peut discourir, philosopher sur le phénomène, mais un fait demeure, ces pays ont le droit de réguler les flux migratoires, mais avec la manière. Pas en tout cas de cette manière si peu humaine à la limite bestiale constatée dans cette vidéo tournée par ce vaillant sénégalais qu’est Lamine Mbengue, si ému et choqué par ce traitement infligé à cet être humain qui a eu un seul tort, celui d’avoir refusé de monter dans cet avion devant le ramener « chez lui ». Intervenant dans l’émission dédiée aux émigrés sénégalais sur Walf Tv, il a affirme avoir reçu énormément de messages de félicitations, de par le monde parce qu’en réalité, il manquait à ces associations qui militent contre le mauvais traitement des personnes en situation irrégulière, des preuves à opposer aux gouvernements.
Carton rouge par contre au ministre des sénégalais de l’extérieur qui est aussi intervenu dans l’émission et qui n’a rien trouvé d’autre à faire que de se dédouaner sur le président de la république. « Me Wade s’en va à Abudja, il va sans doute aborder le sujet » etc... En somme, rien d’intéressant et de consistant ! Parler pour se donner bonne conscience d’avoir dit quelque chose en tant que ministre. Après tout, rien ne nous étonne plus de lui. Madické Niang, tout ministre de la justice qu’il est, a préféré jouer la carte de la prudence dans sa sortie médiatique. Il a en effet estimé qu’il faut d’abord vérifier l’identité de cette personne afin de voir s’il est sénégalais ou non. C’est après tout raisonnable avant de réagir. Mais n’est ce pas encore une fois de plus, une manière de noyer le poisson comme dans le cas Kara et Kambel dont l’anniversaire de l’agression est ce dimanche 21 juin ? Qui sait ? Me Assane Dioma Ndiaye, le président de l’ONDH, n’a pas tout à fait tort d’être « outré » par le Garde des Sceaux !
Mais ce qu’on peut constater, c’est que le Sénégal a aussi sa bande-son de la honte. On se rappelle ces cris de ce « gaillard » de Kambel, molesté par ces policiers, cris entendus par sa famille, les sénégalais et qui ont fini de donner des frissons aux auditeurs de la RFM. L’on se demande comment on peut battre une personne de la sorte, quelle que soit la faute commise ! Préméditation, règlement de compte ? On ne sait toujours pas. C’est exactement la même chose qui s’est produite dans cette vidéo. Car si hiérarchie il y a, il y en a certainement pas dans le mal. Il y a le mal et un point c’est tout.
Le gouvernement n’a sans doute pas envie de s’épancher sur le sujet car il a aussi ses cafards dans le placard, des cafards gros comme une tête d’humain, Karamako-kambel et le saccage des locaux de l’As et 24 heures Chrono. El Malick réclamait en effet justice et c’est lui qui se retrouve en prison avant d’être élargi de manière si... étonnante. Tout s’est passé comme s’il y a eu une sorte de troc pour sa libération. Et El Malick de remercier Karim Wade devenu entre temps son « grand frère ». Figurez vous qu’il l’a remercié ! Drôle d’attitude ! Le gouvernement n’a sans doute pas envie de s’étendre sur le sujet d’actualité, car sa bande-son Kara-Kambel pourrait lui être renvoyée à la figure. Pendant ce temps le mouvement engagé en faveur de la justice dans l’affaire Kara Kambel se poursuit alors qu’on s’attendait à ce que le CPDJ (Comité pour la Protection et le Défense des Journalistes) s’essouffle. Les espagnols pourraient en tout cas dire au gouvernement sénégalais d’abord de commencer par balayer devant sa porte. Dans cette affaire où, on lui demande de réagir, il est bien entre le marteau et l’enclume.

















