
Cet assassinat est intervenu moins de vingt-quatre heures, après celui du chef d’Etat-major général des armées, le général Batista Tagme Na-Waï qui a trouvé la mort au cours d’un attentat à la bombe intenté contre sa personne, le dimanche 1er mars vers 19 heures. Jusqu’ici ces deux assassinats n’ont pas été élucidés alors qu’une commission d’enquête chargée de faire la lumière a été créée.
C’est également à la veille du démarrage de la campagne, le 5 juin dernier qu’a été assassiné le ministre de l’Administration territoriale de Guinée-Bissau, Baciro Dabo. Candidat sérieux à l’élection présidentielle où il était présenté comme un des grands favoris, Baciro Dabo a été abattu à son domicile par des éléments de la police militaire.
Un des anciens ministres de la Défense de Guinée-Bissau, Helder Proença qui se trouvait en compagnie de Baciro Dabo, a été lui-aussi abattu. Tous deux proches de Nino Vieira, ont été accusés de préparer un coup d’Etat.

La situation inquiète la communauté internationale. La Rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) que dirige Alioune Tine a même sonné l’alerte. La Raddho qui a lancé un appel à l’opinion internationale est persuadée que « la situation de peur et de terreur actuelle n’est nullement propice pour organiser des élections crédibles le 28 juin ».
Personne ne sait encore quelle sera l’attitude de l’armée lors du scrutin de dimanche. D’ailleurs, c’est dans le but de contribuer à l’apaisement de la situation que la Cedeao a versé trois mois d’arriérés de salaires aux forces armées Bissau-guinéennes.
Finalement, ils ne seront qu’onze candidats à briguer le suffrage des Bissau-guinéens, Me Pédro Infanda, un des candidats à qui se présentait sous la bannière de la société civile s’est retiré de la course, à cause de l’insécurité prévalant dans le pays.
Pour le moment, c’est l’ancien président par intérim de Guinée-Bissau, Malam Bacaï Sanha qui est présenté comme étant le grand favori de l’élection présidentielle, après l’assassinat de Baciro Dabo. Malham Bacaï Sanha est le candidat du Parti africain de l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (Paigc).
Une position que lui conteste cependant l’ancien président koumba Yalla, démocratiquement élu en 2000 avant d’être chassé par les militaires en 2003. Pour le sociologue de formation qu’il est, Koumba Yalla considère Malang Sanha comme « un illettré incapable d’assumer la fonction de chef d’Etat ».






























