samedi 30 janvier 2010 - PAYSAGE MEDIATIQUE
Le sociologue Malick Ndiaye liste les maux de la presse sénégalaise
NETTALI.NET- Dans un très long entretien avec Nettali, le sociologue et universitaire Malick Ndiaye a analysé les mutations de la presse sénégalaise. A ses yeux, le passage de l’information légitime au commentaire tendancieux à la limite du licite, est la marque de fabrique d’une partie notable de la presse. Extraits.

La presse et la contre-performance démocratique de la classe politique

A la faveur du débat de société sur la symbolique nouvelle des sociétés et des civilisations lorsqu’elles changent, lequel aura fait brèche au sujet de la question du Monument de la Renaissance Africaine, l’orientation de la presse a révélé la mutation spécifique qui a eu lieu en elle depuis près d’un quart de siècle, en l’occurrence la transformation interne du groupe des journalistes et de la nature des organes de presse devenus des entreprises de presse, mais celle-ci aura mis en lumière les rapports nouveaux - et originaux - entre ces entreprises de presse en question avec les propriétaires de ces mêmes organes de presse d’une part, et d’autre part, avec les principaux acteurs du jeu politique.

Le rôle de la presse transformée (presse mutante) qui a changé de fonction et d’objectifs : elle est principalement un acteur du jeu politique au lieu d’être un observateur autonome, c’est-à-dire indépendant des camps politiques en présence. A moins de considérer que l’idéal de la presse d’information a fait place à une presse politique plus libérale que démocratique par son orientation mercantiliste, peu importe par réalisme ou par nécessité eu égard aux transformations de l’offre de presse et du lectorat.

’’Le passage de l’Information légitime’’ au ’’commentaire tendancieux à la limite du licite’’ est la marque de fabrique d’une partie notable de la presse (ce qui est permis par la règle de conscience que le journaliste est seul à apprécier au contraire des règles objectives de la profession qui sont codifiées). Le passage de l’ancienne presse à la nouvelle s’effectue au travers d’une translation interprétative : le journaliste rend compte non de ce qui est conforme, mais de ce qui sans être exact, est jugé légitime comme genre rédactionnel, y compris même lorsqu’il se substitue à l’information proprement dite. Cette pseudo-dérision qui relève de la caricature au sein d’un journal qui n’est pas satirique équivaut à une information inexacte, est fausse, parce que contraire aux faits. Ce qui est une autre manière de faire fi du droit du public à l’information exacte.

Jusqu’ici le crédo était que les faits sont sacrés et le commentaire est libre, mais de plus en plus l’opinion du journaliste à la recherche d’un scoop ou d’un contrat sur tel ou tel acteur du jeu public, prend le dessus sur les déontologies et les droits du public. S’agit-il d’une simple variance à l’intérieur de l’offre de presse ou d’un passage de la presse d’information à la presse d’interprétation, où la prise de position du rédacteur et/ou de son organe substitue régulièrement une cohérence toute artificielle aux faits objectifs qui sont à la base de la profession : l’objectivité, la rigueur, l’éthique… C’est ainsi que l’ « interprétation libre », qui est la réfutation même du commentaire libre - qui suppose l’information objective d’abord, avant tout commentaire – tend à devenir la matière principale de la plupart des journaux, à de rares exceptions.

Qu’il s’agisse d’une adaptation chaotique à un nouveau lectorat ou de l’expression de la crise de mutation qui est à l’œuvre dans cette profession, un constat est récurrent : les acteurs politiques classiques ont perdu le monopole du détournement volontaire du sens qu’ils partagent désormais avec les organes de presse. Fait qui à son tour, annonce un glissement majeur dans la nature de la presse et dans la fonction du journalisme, gros de toutes les dérives à la rwandaise ou à l’ivoirienne : Violence des titres, sensationnel en permanence, accusations, insinuations, formules tapageuses, etc., en lieu et place des attentes légitimes des publics et des usagers, signes avant-coureurs de la généralisation des Off, des Ceey et des Tës, parents et alliés des cliques internet, alter ego des wax sa xalat stipendiés par les jetons militants.

Si donc, il y avait un danger politique, dès lors que le public n’est plus informé, mais orienté par la manipulation issue du détournement de sens, il va de soi que la presse ainsi transformée en arme, devient une gâchette prête à l’usage selon les contrats et les alliances…., les obédiences et les intérêts au détriment des valeurs cardinales de la presse militante et altruiste des années 60 et 70, ou des années 80 et 90 ! A moins de considérer qu’il existe des valeurs nouvelles opposables aux anciennes : l’affairisme de presse, l’incivisme, l’insolence, l’impertinence, la crise de la presse d’information n’a pas été remplacée avantageusement par celle de l’interprétation libre. Dans ces conditions, la fonction de l’Université et des pôles de production de savoir n’est pas seulement de flatter la presse, mais de dévoiler son caractère de pouvoir déformant et aliénant par le fait des affairistes ou des mutations internes au groupe formé par les journalistes, peu importe à cause de l’affaiblissement de la formation des professionnels ou de la substitution de l’intérêt de type capitalistique et égoïste ou libéral, au sacerdoce d’une profession à laquelle la démocratie doit tant au Sénégal et dans le monde.

- Par Amadou Ndiaye -

  • Je me demande pourquoi tout cet acharnement contre la presse senegalaise,il semble que les detracteurs de la presse croient que le Senegal est leur propriete. Si la presse fait son travail de gardien de la promotion de la justice sociale,les gens qui pour leur propre interet ont requis le privilege de servir dans le gouvernement se fachent ,Le Senegal ne vous appartient pas ,encore moins la vie publique n’est pas la vie familiale ou tu peux controler l’opinion. Comme bon vous semble. ,donc laisser les journalistes en paix. Qu’est ce que voulez le beurre et l’argent du beurre ? Vous gerez l’argent du contribuable et la presse a le droit de mettre en demeure mediatique a toute personne coupable de malversations. La presse a aussi le droit d’eclairer l’esprit des senegalais contre les pilleures politico-maraboutique des deniers publics. Vive la Presse Senegalaise dans tout son ensemble . GUATHIE NGALAMA
  • Un organe de presse commentant et analysant en strict « observateur autonome » les événements politiques existe-t-il quelque part au monde ? Assurément non, sauf à considérer les agences de presse se contentant comme l’APS de livrer des informations brutes. En revanche ce que le lecteur attend du journaliste c’est le commentaire ou l’analyse qui est par essence un acte de cognition impliquant nécessairement le passage au crible de la raison pure, des règles professionnelles et des convictions à soi des faits observés et/ou interprétés. Cette posture n’est pas à confondre avec la subjectivation ou la manipulation dans le traitement de l’information pour des fins reliées soit au prosélytisme, soit à la propagande ou à la guerre médiatique.

    La sensibilité exprimée dans un journal peut être diversement appréciée par le public. C’est ce qui justifie les préférences pour une ligne éditoriale par rapport à une autre. C’est ce qui sous-tend le classement des journaux et de leurs organes de presse de rattachement en termes d’audience.

    Qu’une presse soit partisane (sens de l’euphémisme employé par le sociologue), cela peut se concevoir dans le cadre d’une bataille idéologique engageant des formations politiques, mais que les journalistes de la presse indépendante soumis à des garde-fous au niveau de leurs rédactions servent systématiquement de caisse de résonnance à ces groupes d’intérêt extérieurs c’est une pratique plutôt rare.

    Donc les journalistes sénégalais n’ont pas à avoir mauvaise conscience pour cette remarque de la part d’un sociologue qui, à défaut de s’imposer comme maître à penser dans sa discipline scientifique, s’érige en donneur de leçon au nom de la société civile.

  • MALCIK NDIAYE SE VENGE DE LA PRESSE QUI AVAIT DENONCE SON DOUBLE LANGAGE DANS LE CADRE DES A.P.E QUAND IL CHERCHAIT A ENTRER DANS LES GRACES DE WADE. D’AILLEURS SES RECENTES SORTIES SONT DES APPELS DU PIEDS A WADE ET DEFENDRE LE MONUMENT DE LA RENAISSANCE. MALICK NDIAYE EST UN INTELLECTUEL OPPORTUNISTE
  • Si cela vous tient a coeur que la presse senegalaise est mauvaise,creer un Senegal nouveau ou la majorite des senegalais c’est a dire 99% des senegalais auront acces au capital par le biais de l’emploi des lors la presse n’aura plus peut etre de quoi parler,sinon laisser la presse tranquille.
  • La presse sénégalaise est aujourd’hui plus un refuge pour nullards qu’autre chose. les organes de presse n’ont pas les moyens de payer de bons salaires, peut être que ca va changer un jour, mais entre temps, restons modestes.
  • Merci de toucher du doigt les véritables maux de la presse et j’abonde dans le sens du professeur, ce qu’on voit tous les jours dans les journaux n’a rien à voir avec la presse indépendante soucieuse d’analyses approfondies et pertinentes sur différents sujets qui font avancer un pays. Pour la plupart quand on lit un jourmal cela donne forcément l’impression de lire un organe de parti politique.
  • Je suis tellement dégouté par certains indivudus qui se font passer pour des journalistes au Sénègal que j’écoute RFI. Nous avons des « Tassoukates ». Acceptez les critiques si vous voulez vous améliorer !
  • Les accalmies ne durent plus que le temps d’une rose pour le président sénégalais, Me Abdoulaye Wade. Objet de toutes les attaques, il est devenu le centre d’intérêts de « bandes armées », décidées à le pousser au fond du précipice. Ses sorties sont guettées et les interprétations qui en sont faites par une certaine presse, presque toujours tendancieuses. Et l’on relaye à la chaîne les mêmes commentaires. Ceux « d’intellectuels » réfugiés derrière la société civile ou d’autres plus courageux, appartenant aux mêmes partis politiques. Des journalistes jouent aussi leur participation dans cette musique funeste dont le « la » vient d’ailleurs. Certains tombent même le masque et se dévoilent au prix d’un mercenariat vulgaire. Tous contre Abdoulaye Wade ! Celui qui a osé toucher à l’ordre établi. Pour dire non, au nom des intérêts de son pays. Et pour cela, il est accusé de tous les pêchés d’Israël. Tout lui y est reproché. Même d’avoir des idées ingénieuses pour le Sénégal et l’Afrique, pour laquelle il appelle à un éveil de conscience. Son projet du Monument de la renaissance africaine est ainsi matraqué. Une partie de la presse sénégalaise, toujours dans le rôle du bras armé, appuyée par des confrères étrangers, notamment français, a tenté de diriger ce Monument contre son initiateur. Un projet trop ambitieux pour l’Afrique ? Des journaux français n’ont pas hésité, en tout cas, à parler de folie des grandeurs. Et une campagne rondement menée a fini par dresser certains chefs religieux, notamment des imams, contre cette œuvre d’art et Me Wade lui-même. Ils ont même failli mettre le feu dans leur propre « case », allumant la sensibilité religieuse, un des fondements sociaux de la société sénégalaise. Inadmissible pour Binetou Seydi ! Cette sénégalaise de la Diaspora, basée en France et qui sillonne le monde à travers ses activités professionnelles. Celle-là même qui a organisé dernièrement le centenaire de la National Association For Advancement of Colour People au mois de juillet dernier et qui avait réuni les présidents Wade, Obama, et Elen Sirleaf, à New York. « Je dénonce ce néocolonialisme qui ne dit pas son nom », crache-t-elle. En effet, Binetou Seydi en est convaincue. Cette partie de la presse, de responsables de la société civile et d’hommes politiques, notamment issus des flans de Wade, sont à la merci de puissances occidentales qui n’ont pas réussi à dicter au président sénégalais la loi de leurs intérêts. Au premier rang, elle cite cette grande multinationale qui évolue dans le transport logistique, la distribution d’énergie et qui a investi dernièrement le secteur de la communication et des médias. Ce groupe puissant, encore symbole de la « françafrique » et dont les activités sur le continent assurent 2 milliards d’euros de son chiffre d’affaires global estimé à un peu plus de 7 milliards d’euros. Ce groupe qui a récemment perdu le gros marché à containers au port de Dakar qui faisait que le Sénégal était encore considéré comme un pré carré de la France. Et pour avoir osé mettre fin à cette hégémonie séculaire, Abdoulaye Wade et son fils Karim sont devenus les cibles privilégiées de ces forces occultes, déplore Binetou Seydi. Le patron de ce groupe qui n’a d’ailleurs pas hésité à mettre en branle son arsenal médiatique, composé de plusieurs grands organes français qui s’appuient sur certains de leurs « confrères goorgorlous » pour effectuer ce travail de « salut public ». Liquider cet empêcheur de tourner en rond ! Et l’on évoque la crise économique pour dire que Wade avait mieux à faire que ce Monument de la renaissance qui contraste ainsi avec la pauvreté des Sénégalais. Nous ne reviendrons pas sur le contexte difficile qui a accompagné l’accouchement de la Tour Eiffel en France. Simplement, soulignons comme tout le monde le sait, que cette crise est ressentie à travers le monde entier. Un reportage diffusé dernièrement par une chaîne de télévision française, intitulée, « les nouveaux pauvres en France », est d’ailleurs très éloquent à ce sujet. On y relate le piteux quotidien d’une couche importante de la société française, réduite à faire les poubelles des grandes surfaces à la quête de produits juste arrivés à péremption. Et Coluche serait certainement surpris de constater que les restos du cœur sont devenus les lieux de rencontres privilégiés de français dits moyens. « Nous remercions le ciel, nous n’en sommes pas encore là », se réjouit Binetou Seydi, soulignant dans la foulée qu’au grand pays de l’Oncle Sam, notamment, le nombre de sans domicile fixe a atteint un pic jamais égalé. Et Binetou Seydi d’interpeller toutes ces organisations, soit disant des Droits de l’homme ou de la société civile qui ne braillent que pour jeter l’opprobre sur Me Wade. « Mais que disent-ils de la situation des milliers de sénégalais victimes de racisme un peu partout en Europe et souvent rapatriés dans des conditions inhumaines ? Que pensent-ils de la vente d’armes organisée en Afrique ? Que ces messieurs des Droits de l’homme nous disent ce qu’ils pensent des milliers de femmes musulmanes persécutées à travers ces lois controversées votées contre le port de la Bourka en Europe. Qu’ils parlent de la Palestine, cette prison à ciel ouvert dans laquelle tout un peuple est brimé », se désole Binetou Seydi. L’initiatrice du courant Wade 2012 ne comprend pas qu’Alioune Tine de la RADHO, Me Assane Dioma Ndiaye de l’ONDH ou encore Mohamadou Mbodji du Forum civil, se taisent sur des sujets qui les interpellent directement pour ne déverser leur bile que sur le chef de l’Etat et son fils Karim Wade. Mais assure-t-elle, « Wade n’est pas un complexé. C’est un grand intellectuel qui a des idées et qui les met en pratique pour l’intérêt du Sénégal et l’Afrique, n’en déplaise à des forces tapies dans l’ombre qui tentent de le liquider ». Elle n’en veut pour preuve que son succès éclatant au 14e sommet de l’Union africaine. « Il a été encore attaqué pour avoir émis une idée généreuse favorable au retour des Haïtiens en Afrique. Son projet a été largement adopté par l’Ua, qui s’attèle à le mettre en œuvre. C’est la marque des grands hommes », conclut-elle.


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« Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d’or, où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. »
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