
Toute personne qui franchissait la porte de l’hôtel Indépendance était accueillie par des concierges et hôtesses aux larges sourires. Depuis mercredi dernier, l’accueil est tout autre. Car dès que l’on accède au hall de l’hôtel, on tombe sur plusieurs personnes, couchées sur des nattes et des matelas.
Le regard hagard, la faim se lisait sur les visages des grévistes qui sont pour la plupart des personnes âgées. Et depuis le déclenchement de cette diète, quatre (4) personnes ont été déjà évacuées.
Malgré tout, les travailleurs grévistes de la faim entendent continuer leur mouvement. Même la visite effectuée au deuxième jour de la grève (Ndlr : jeudi 1er juillet) par le ministre du Tourisme, Thierno Lô, n’a pu les dissuader.
Après l’évacuation de trois grévistes vers l’Hôpital Principal, le ministre s’est rendu sur les lieux pour demander aux travailleurs de mettre un terme à leur diète. Pour convaincre les grévistes, Thierno Lô leur a expliqué que seul le chef de l’Etat, absent du territoire national, peut apporter une solution à leurs difficultés.
Cependant, selon Philippe Ndior, délégué du personnel, sans la satisfaction de leur plate -forme revendicative, ils vont se priver de nourriture pour une durée indéterminée.
Pour le porte-parole, c’est la seule manière de pousser la direction de l’hôtel à leur payer les six (6) mois d’arriérés de salaire. A travers ce mouvement, ils entendent aussi exiger de l’Etat, le respect de ses engagements concernant le plan social. Outre leur tutelle, les grévistes continuent de recevoir des visites de soutien de la part de la classe politique et de plusieurs syndicalistes.
C’est le cas de Youssou Touré, secrétaire général de l’Organisation des instituteurs du Sénégal qui s’est indigné de la situation de ces travailleurs.
« Ce n’est pas normal que des travailleurs restent des mois sans salaire alors que les députés et ministres ne subisse aucun retard », martèle le syndicaliste qui invite l’Etat à respecter ses engagements vis-à-vis des travailleurs.

















