
« Ce qui se passe en Gambie, c’est grave. Il faut que tout le monde s’associe au sort de nos confrères gambiens », c’est Madiambal Diagne, président du Collectif des éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps) et membre du forum des éditeurs africains qui lance ainsi un appel pour appuyer la presse gambienne dans la lutte contre l’injustice qu’elle est entrain de mener. Le président du Cdeps pense que la mobilisation doit être l’affaire de toute la sous-région d’autant plus que l’atteinte aux libertés d’expression peut toujours inspirer dans le mauvais sens les pays voisins.
Les sept arrestations sont intervenues à la suite de la réaction du Syndicat des journalistes gambiens aux propos du président Jammeh qualifiant la mort de Deyda Hydara assassné en 2004 de « crime passionnel », informe Ndey Tapha Sosseh qui a vu trois de ses collaborateurs à la Gpu emprisonnés depuis le 15 juin.
« Si Ndey n’est pas en prison aujourd’hui, c’est parce qu’elle était en mission à Bamako lors des arrestations », précise Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, secrétaire général adjoint du Synpics.
May Faty, avocat et leader d’un parti politique gambien déplore le fait que le président Yahya Jammeh ne cesse de violer la Constitution de son propre pays ainsi que les conventions internationales que la Gambie a signées. Ndey Tapha Sosseh ajoutera même que « certaines lois sont faites en Gambie pour embastiller la presse ». Elle en veut pour preuve l’impossibilité pour les journalistes emprisonnés de payer une caution pour bénéficier de la liberté provisoire.

« La communauté internationale doit faire entendre raison au président gambien à commencer par le Sénégal qui est le premier pays concerné par la situation en Gambie », tonne Madiambal Diagne. Le président du Cdeps a pris l’engagement d’informer les autorités sénégalaises, la classe politique etc.
Le directeur du bureau Afrique de la Fédération internationale des journalistes (Fij), Gabriel Baglo, est d’avis qu’ « au nom de l’intégration africaine, le ministre d’État, ministre des Affaires Étrangères, Cheikh Tidiane Gadio qui est journaliste et qui a réussi des médiations dans la sous-région comme en Mauritanie doit se saisir du dossier ».
En plus des trois avocats commis par la Gpu pour défendre les journalistes, le forum des éditeurs africains envisage aussi de s’attacher les services d’un avocat en vue de renforcer la défense des sept journalistes gambiens incarcérés.

















