
« Ce code va révolutionner l’ensemble de l’environnement de la presse », soutient, Mamadou Ibra Kane représentant le Cdeps. Ce dernier en effet, argue que la loi 96-04 ne tient pas compte de l’évolution de la presse avec notamment l’avènement des nouveaux médias comme la presse en ligne et de celle des journalistes. « Il se limite à la défense des droits des journalistes », précise-t-il.
Revenant quelques aspects de ce code, il renseigne que celui-ci prend en compte l’exercice de la liberté de presse, la défense du citoyen ainsi que le statut du journaliste.
En effet, alors que la loi de 1996 faisait du journaliste « toute personne puisant l’essentiel de ses revenus dans la collecte, le traitement et la diffusion de l’information », ce nouveau code veut une nouvelle définition du journaliste. Il s’agit de « toute personne diplômée d’une école de journalisme reconnue par l’Etat et dont l’activité principale régulière et rétribuée, consiste en la collecte, au traitement et à la diffusion de l’information ». De même que les personnes titulaires de la licence pourraient être considérées comme des journalistes si elles font deux années de pratique professionnelle validée par un comité de validation.
Quant aux directeurs de publication et aux rédacteurs en chef, ils doivent respectivement avoir une expérience de 10 ans et 7 ans minimum.
Le statut de l’entreprise de presse est également pris en compte par ce nouveau code avec une place importante de l’environnement juridique et économique. A ce propos, Cheikh Thiam, directeur général du Soleil et par ailleurs, président du Cored soutient : « ce code est très ambitieux avec notamment le renforcement de l’entreprise de presse qui va permettre aux journalistes de bénéficier d’une prise en charge sociale leur permettant entre autres, d’avoir des pensions de retraite… »
Embouchant la même trompette, le directeur de la communication du ministère de la Communication, Atoumane Diaw, « tout le travail repose sur les journalistes mais, ils ne voient pas les dividendes ».
Enthousiasmé par ce code, Domingo Mané représentant le Synpics ( Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication ) soutient : « ce code va restaurer enfin la dignité des journalistes qui vont pouvoir vivre décemment de leur métier ». « Les journalistes sont mal payés ; c’est pourquoi d’ailleurs, nous pensons que les patrons de presse respectent d’abord intégralement la convention avant de bénéficier d’une amnistie fiscale », assène le syndicaliste.
Certes ce nouveau code qui est en chantier est salué par les journalistes. Mais, il soulève des interrogations avec l’idée de la dépénalisation des délits de presse qui y figure en bonne place. « Je suis perplexe sur ce code avec notamment la dépénalisation des délits de presse », a déclaré le modérateur Ass Mademba Ndiaye.
A cet effet, rassure le Dg « Le Soleil », « la dépénalisation signifie déprisonnalisation. C’est-à- dire qu’en cas de délit de presse, le journaliste va payer sa faute par une amende pécuniaire ou une sanction administrative, au lieu d’aller en prison ».
En effet, explique le président du comité scientifique de la commission de la concertation nationale sur la presse, « il s’agit d’apporter une réponse adaptée à la spécificité de l’exercice d’une profession », d’autant plus que affirme le juge Cheikh Bamba Niang : « la prison n’est pas la meilleure réponse ». « La réponse pénale n’est pas efficace puisque, la prison contribue à la promotion du journaliste », ironise le juriste.




























