Muet depuis un certain temps, les observateurs avertis de la scène politique étaient quasi sûrs que cela ne pouvait pas durer trop longtemps, tant maître Babou était présent dans l’arène politique par ses déclarations fracassantes. Bouillant, Babou l’est, et les murs du silence dans lequel il s’était retiré ne pouvaient être que trop exigus et inconfortables pour lui. C’est donc tout naturellement que nous attendions tous le retour du tonitruant Babou de l’Afp celui qu’il a toujours défendu son parti et son leader quand il fallait se prononcer sur les questions d’intérêt national. La nouveauté dans ce retour n’est donc pas l’éloquence et les qualités de grand orateur que nous reconnaissons tous à Maître Babou, mais ses cibles principales : Niasse et l’Afp. L’échos des propos de Babou, qui tombent comme une sentence quarante huit heures seulement après son audience avec Maître Wade, ne peut laisser personne indifférente tant son est lié à l’Afp.
Maître Babou, dans votre réquisitoire au Grand Jury de la Rfm, vous retenez essentiellement trois chefs d’accusation : celui du « chef qui ne récompense pas les compétents » du décès de votre chère maman qui nous a tous affectés et des vos rapports avec Madieyna Diouf. Je me garderais d’évoquer vos rapports conflictuels avec la camarade Madieyna Diouf, car ce dernier ne représente pas à lui seul l’Afp, tout comme Niasse d’ailleurs. Ce n’est pas parce que le président du groupe parlementaire Espoir aurait choisi de se faire suppléer par un autre que Niasse serait forcément en connivence avec lui. D’ailleurs, nous n’avons que votre version des faits. Par conséquent, la vie du parti ne peut pas être réduite à des problèmes crypto-personnels.
L’autre fait récurrent de votre plaidoirie, la goutte d’eau qui a sans doute fait déborder la vase, est celle de la disparition de votre maman, un malheureux événement suite auquel Niasse n’aurait « même pas daigné venir vous présenter ses condoléances ». On ne se remet pas facilement de la perte d’un être aussi cher Babou et vos propos, touchants et révoltant à la fois, s’inscrivent dans le registre culturel et affectif, et je vous dirais pour quoi. Vous reconnaissez vous-même que Niasse qui se trouvait à l’étranger à ce moment là vous a appelé quinze jours après pour vous présenter ses condoléances. Ce n’est donc pas la présentation des condoléances que vous lui reprocher, mais le fait de l’avoir fait avec une quinzaine de jours de retard de ne pas s’être déplacer personnellement pour venir vous voir. Pouvez-vous attester, Maître Babou, que vous vous déplacez systématiquement ou que vous présentez vos condoléances à tous les membres de l’Afp qui perdent un des leurs ? Savez-vous quelles sont les contraintes qui ont empêché Niasse de vous appeler aussitôt ? Etes-vous sûr qu’il n’a pas pensé à vous et prié pour votre maman pendant ces quinze jours ? Nul ne peut rester indifférent à la mort encore moins quand elle frappe ceux qu’on connaît. Nous avons tous compati à votre douleur de près ou de loin.
Nous avons certes nos us et coutumes, mais tout esprit souple et doté d’une capacité d’adaptation qui ambitionne de diriger ce pays doit aussi faire preuve de dépassement en de pareilles circonstances. Dans un autre pays, le bureau politique se serait tout simplement réuni pour vous envoyer une correspondance face à une telle épreuve. La perte de l’être protectrice et nourricière, pourvoyeuse d’affection vous a laissé un grand vide. Et l’absence de Niasse « le chef qui récompense les compétents », figure emblématique du protecteur et de l’avenir à ce moment précis, ne fait qu’augmenter ce vide autour de vous. Et comme Niasse est de ce monde, il est coupable de tous les maux........
Telle un jeune amoureux éconduit, vous reprenez et assumez votre statut de « xalee » avant de lâcher sur les ondes « il m’a lâché ! ». Que je sache Babou, vous n’êtes pas un gamin même si vous vous offrez en spectacle puérile. Combien de militant de l’Afp ont perdu un parent sans que Niasse puisse s’y rendre personnellement ? Etes-vous plus méritant que ces milliers de militants qui ne savent ni lire ni écrire et qui font un énorme travail sur le terrain ? Faut-il mettre une cravate sous une chaleur suffocante et accaparer les médias pour être forcément compétant ? L’Afp regorge d’hommes et de femmes doués et dotés de talent capables de vous remplacer. Nul n’est indispensable. Notre culture, à laquelle vous semblez être si attachée, réprouve aussi le fait de se servir de la disparition d’un être si cher pour caricaturer un honnête citoyen et faire de la politique politicienne. La disparition de ceux qu’on aime doit nous appeler à la prière, au recueillement et à beaucoup plus de sérénité. Elle ne doit nullement laisser de place à la haine et au voyeurisme. Niasse est un homme généreux et très croyant. Celui qui a tant d’amour pour sa maman ne peut pas rester indifférent à la maman d’autrui. Niasse aime et respecte la Femme en tant que créature sacrée et chef-d’œuvre de Dieu. Vous ne pouvez pas vous pavaner sous la terrasse d’un grand « Nafekh » usé et fatigué « qui accepte les critiques et discute sans rancune » et rebondir quarante huit heures après, tel un bélier engraissé pour vous en prendre à votre propre formation politique et à son leader. Wade s’est juste servi de vous pour faire sa mise en scène politique. Vous valez plus que çà Babou et vous êtes allez trop loin. Nous vous appelons à plus de retenue. Respectez-nous et respectez l’Afp, à qui vous devez votre renommée actuelle et votre statut de député.
Si vous pensez que Wade est « plus démocrate » que Niasse, allez faire un tour dans son parti, vous y laisserez vite vos babouches Babou, à moins que vous cherchiez à vous faire remarquer par de nouveaux opposants politiques.




























