
Ses avocats et amis se sont pronncés sur les accusations qui pèsent sur elle, mais jusque-là, Mame Madior Boye a toujours préféré garder le silence, à l’image de la sérénité légendaire qu’on lui connaît.
Sept ans après le drame qui a coûté la vie à des milliers de personnes, l’ancien Premier ministre décide enfin de rompre le silence et de s’adresser à l’opinion publique nationale et internationale.
Dans les premiers mois ayant suivi le naufrage du bateau reliant Dakar à Ziguinchor, les associations des familles de victimes avaient saisi la justice sénégalaise pour que les responsabilités soient situées et que les sanctions requises en de pareilles circonstances soient prises.
L’enquête ouverte au Sénégal avait conclu à la responsabilité exclusive de l’équipage et de l’état-major du bateau, disparus dans la catastrophe, et avait été classée sans suite.
Non contentes de cette décision, les familles des victimes françaises avaient à leur tour saisi le parquet de Paris en 2003 et mis en cause, en plus du Premier ministre Mame Madior Boye, huit autres personnalités de l’Etat dont les ministres Youba Sambou (à l’époque chargé des Forces armées) et Youssoupha Sakho (chargé de l’Equipement et des Transports), le chef d’Etat Major des Armées Général Babacar Gaye, etc.
Le juge d’instruction français Jean-Wilfrid Noël, alors en charge de l’instruction ouverte à Evry, avait délivré neuf mandats d’arrêt internationaux contre Mame madior Boye et compagnie, avant d’être à son tour visé par un mandat d’arrêt international lancé par la justice sénégalaise pour « forfaiture » et « discrédit des institutions ».

Le 16 juin dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, prononce l’annulation des mandats d’arrêts délivrés le 12 septembre 2008 par le juge d’Evry, contre l’ancien Premier ministre, et l’ex-ministre des forces armées Youba Sambou. Cette instance judiciaire avait estimé que ces deux personnes bénéficient d’une immunité liée à leurs fonctions.
Une décision contestée par l’Association des familles de victimes françaises, qui a ainsi formé un pourvoi en cassation, soutenue dans cette démarche par la Fédération nationale des victimes d’accidents collectifs (Fenvac).
« Le Joola » avait chaviré au large de la Gambie le 26 septembre 2002, alors qu’il reliait Ziguinchor, la principale ville de Casamance, à Dakar.
La catastrophe avait fait 1.863 morts et disparus (dont 22 ressortissants français), selon le bilan officiel, plus de 2.000 selon les associations de familles de victimes, soit plus que le naufrage du Titanic (1.500 morts). Seules 64 personnes avaient survécu.
Pour une première sortie publique sur l’affaire depuis cet accident tragique et les poursuites judiciaires qui s’en sont suivies, Mame Madior Boye entend faire, d’après nos sources, une importante déclaration à l’attention de ses compatriotes et de l’opinion publique internationale.

















