
« Certes le décès de mon fils m’a beaucoup affecté puisqu’il portait le nom de mon guide spirituel Serigne Fallou », a déclaré le vieux Assane Samb, père de la victime et ami d’enfance du père de l’accusé. Ce qui ne l’empêche pas de « plaider » à l’acquittement du meurtrier de son fils.
Dénigrant son défunt fils, le vieil homme a supplié la Cour en ces termes : « Fallou était belliqueux, mais Mbaye Sène je ne lui connais aucun problème. Depuis la mort de mon fils, je n’ai pas porté plainte. Aujourd’hui mon souhait le plus ardent c’est de voir Mbaye Sène recouvrer la liberté ».
Toujours dans les habits d’un avocat de la défense, le père de la victime demande à la Cour d’écarter le témoignage de Pape Banne. « Il ne peut pas servir de témoin puisqu’il était très lié à Fallou ». « Personne ne peut jurer que c’est Mbaye Samb qui a tué Fallou, car ils avaient tous l’habitude de circuler avec des armes blanches », conclut le vieux.
D’après les témoignages, Mbaye Sène, un berger âgé de 24 ans au moment des faits, a asséné un coup de couteau mortel à El Hadj Fallou Samb le 25 octobre 2006. C’était lors d’une soirée dansante organisée au foyers des jeunes de la Cité Front de Terre par les ressortissants du village de Keur Dame.
A en croire Pape Banne, pendant qu’ils dansaient sur la piste, Mbaye Sène qui était ivre, a trébuché sur Fallou Samb à deux reprises avant de le poignarder. Le témoigne de cet ami du défunt est corroboré par celui du nommé Aliou Guèye qui a déclaré aux gendarmes de la brigade de Hann que Fallou avait demandé à Mbaye Sène de pas l’importuner. Et en réaction, ce dernier a sorti dans ses chaussettes un couteau pour administrer à Fallou Samb qui décédera au cours de son évacuation, un coup au niveau de la poitrine.
Autant de déclarations balayées d’un revers de main par l’accusé Mbaye Sène qui a réfuté les faits comme d’ailleurs depuis l’ouverture de la procédure. « Alors que j’étais à côté de l’animateur Fallou et sa bande m’ont demandé de m’éloigner. Quand j’ai refusé ils m’ont attaqué et une autre bande s’est interposée. Une bagarre s’en est suivie et c’est au cours de celle-ci que Fallou a été poignardé », se défend l’accusé.
Sur sa lancée, il a fait savoir qu’il n’était pas ivre puisqu’il avait juste bu, un sachet de vin rosé. Seulement lors de l’enquête préliminaire, il avait laissé entendre qu’il n’était pas lucide à cause de son état d’ébriété.
Dans son réquisitoire, l’Avocat général a estimé qu’il y a meurtre puisque l’élément matériel et l’imputabilité des faits sont établis. « Il y a mort d’homme par arme blanche et deux témoins ont désigné l’accusé », soutient Antoine Félix Diome. Se fondant sur la déposition du père de la victime, il a demandé que l’accusé bénéficie de circonstance atténuantes. Il a requis 10 ans de travaux forcés.
La défense quant à elle, a sollicité l’acquittement arguant que le certificat médical ne renseigne pas sur la cause du décès.
Après délibéré, la Cour a disqualifié les faits en délit de coup mortel. Ainsi, l’accusé a écopé de trois ans de prison ferme. Une peine que Mbaye Sène a déjà purgée puisqu’il avait été placé sous mandat de dépôt depuis le 30 octobre 2006.




























