
L’ancien commissaire de police, Abdoulaye Baldé, aujourd’hui en plein dans une carrière politique qui l’a conduit à remporter la mairie de Ziguinchor lors des dernières élections locales entretient donc une tradition bien établie depuis l’alternance politique de 2000. Il remplace l’actuel maire de Kolda au building administratif. Le premier libéral à avoir occupé le poste est Youba Sambou, ancien maire de Bignona. Trois figures-Pds de la vie politique casamançaise, ancien ou actuels édiles des trois plus grandes villes de la région Sud ont ainsi été les seuls dignes de confiance auprès de Me Wade pour faire le lien entre la « « grande muette » -armée et gendarmerie-, et le gouvernement.
L’irrédentisme du Mfdc semble être la seule raison qui explique le choix du président Wade à systématiquement porter à la tête de ce département un fils de la Casamance. En avril 2000, lors de la formation du premier gouvernement de l’alternance, c’est un professeur de sciences-physiques en lycée, Youba Sambou, seulement connu des rangs libéraux qui est installé à ce poste stratégique.
Lors de sa campagne électorale, le candidat Wade avait promis de régler le « problème casamançais » en cent jours. Discret et réservé, il ne fera pas de vagues à la tête de ce département. Il remportera haut la main les législatives dans le département de Bignona pour le compte de la « coalition Sopi ». Sa carrière ministérielle sera brisée par le drame du naufrage du « Joola » ; en effet, dans la recherche de boucs émissaires, il sera l’un des premiers à passer sur l’échafaud…
Pour le remplacer, Me Wade ne va pas chercher loin. Il jette son dévolu sur un autre enseignant, jusqu’alors ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, le koldois Bécaye Diop. Patron des libéraux dans le Fouladou, l’instituteur blanchi sous le harnais du Pds ne s’entend guère avec le chef d’état-major des armées, le général Babacar Gaye qui doit, lui aussi, quitter le camp Dial Diop, effets du « Joola » obligent. Durant les six ans qu’il a été à la tête du département de la Défense, les soldats ont vu leurs conditions de vie s’améliorer et le commandement bénéficier d’un renouvellement appréciable de son matériel ; la tradition de participation de l’armée Sénégalaise aux opérations de maintien de la paix s’est accrue mais en même temps, des velléités guerrières apparaissent au sein du Mfdc.
Mi-2008 jusqu’à nos jours, crimes crapuleux, notamment de responsables politiques et négociateurs avec le mouvement rebelle, attaques sur les axes routiers, escarmouches avec les militaires se font jour. Pourtant, dans la capitale du Sud, Ziguinchor, une page se tourne lors des élections locales du 22 mars. Abdoulaye Baldé, secrétaire général de la présidence de la République déboulonne en effet l’ancien baron socialiste, Robert Sagna après une âpre bataille électorale.
Présenté comme le numéro deux de la « Génération du concret », le mouvement politique drivé par le ministre d’Etat Karim Wade, le nouveau maire de Ziguinchor s’est récemment signalé en disant avec beaucoup d’à propos que le dossier de la rébellion casamançaise est miné par le fait que « chaque responsable a ses rebelles ». En tout cas, depuis quelques semaines, la violence a repris de plus belle dans la région. Le paroxysme a été atteint avec la mort de cinq soldats, vendredi 02 octobre dans la zone militaire N° 6, celle de Kolda.
Abdoulaye Baldé, par ailleurs ancien directeur exécutif de l’Anoci, en tant que ministre des Forces armées et maire de Ziguinchor a désormais, de fait, la haute main sur la gestion de la crise au sud du pays. Le fait de nommer un originaire de la Casamance à la tête du ministère des Forces armées peut-il influer de quelque manière que ce soit la gestion sécuritaire de la crise ? Comme une obsession, Me Wade semble lier la fonction à la région naturelle de Casamance. Ils seront eux dans eux…





























