samedi 23 janvier 2010 - CONTRIBUTION DE ME JACQUES BAUDIN
Non, Monsieur le president, Leopold Sedar Senghor et Abdou Diouf n’etaient pas des prédateurs
Plus une calomnie est difficile à croire. Plus pour la retenir les sots ont de mémoire. Casimir DELAVIGNE

Galvanisé par une forte présence populaire à l’occasion de l’inauguration de l’usine de transformation et d’exploitation des phosphates de Matam à Ndendori, le Président de la République, a quelque peu – on pourrait dire, une fois de plus - oublié la retenue à laquelle est tenue la plus haute représentation de notre Nation, en invoquant une volonté divine qui aurait caché à ses prédécesseurs l’existence des phosphates de Matam et, surtout, sa thèse de 1959 et en les qualifiant de « prédateurs »

Monsieur le Président, malgré tout le respect que je vous dois au vu de l’importance de votre fonction, je vous refuse le droit de qualifier vos prédécesseurs, feu Léopold Sédar Senghor et l’actuel Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, de « prédateurs. »

Mais peut-être vos paroles ont-elles dépassé votre pensée, car je n’oserais supposer que vous ignorez le sens exact du qualificatif que vous avez utilisé et qui ne peut en aucun cas être appliqué à vos prédécesseurs. Certes, étant des êtres humains, et donc imparfaits, ils ont, durant leur magistère, pu commettre des erreurs d’appréciation, mais ils ne se sont jamais, en aucune circonstance, comporter en prédateurs des biens de l’Etat.

Il faut rappeler qu’à l’occasion des obsèques du Président Senghor, vous avez occupé, par votre discours, le rang de fils spirituel et vous alors avez fait preuve d’admiration à son endroit à nulle autre pareille.

Le Président Diouf a été votre candidat au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, ce qui suppose que vous aviez une appréciation positive et honorable à son égard, opinion par ailleurs partagée par les pays membres de l’OIF, qui ont renouvelé son mandat et qui, jusqu’à preuve du contraire n’a jamais été démentie.

Si on pouvait interroger Senghor ou Diouf, répondant aux propos calomnieux et injurieux que vous avez eu aujourd’hui à leur égard, l’un ou l’autre aurait dit : si ceux qui pensent du mal de nous savaient ce que nous pensions d’eux, ils en diraient bien davantage.

Pour rappel, le Larousse de Poche 2009, donne les significations suivantes du terme « prédateur » :
 qui vit de proies animales ou végétales
 homme préhistorique qui vivait de la chasse et de la cueillette
 groupe financier ou personne qui prend le contrôle d’entreprises en difficulté, en lançant des OPA, et qui les revend plus cher après les avoir renfloués.

Une OPA est, toujours selon le Larousse, une offre publique d’achat.

Les deux premières significations du mot « prédateur » ne convenant pas à vos prédécesseurs, vous en conviendrez, il ne peut donc s’agir que d’une personne qui a pris, de façon illicite, le contrôle d’une entreprise.

Au niveau de l’Etat, cela pourrait être, par exemple, l’offre publique d’achat de terres appartenant à la collectivité, pour y faire construire, par l’acquéreur, un édifice dont on accaparera, par la suite, les éventuels bénéfices de la mise en valeur.

Cela pourrait aussi être la mainmise sur des terres cultivables pour en confier l’exploitation à des amis ou autres redevables non-professionnels au détriment des acteurs les plus qualifiés pour les faire fructifier, même si le bénéfice de l’opération ne devait être, pour son initiateur, que purement politique.

J’ose affirmer, et je mets quiconque au défi de prouver le contraire, que ni le Président Senghor, ni le Président Diouf n’ont jamais posé un tel acte ou entrepris toute autre action qui justifierait, à leur égard, le qualificatif que vous avez si malencontreusement utilisé.

Quant à votre référence au « Tout-Puissant qui leur aurait caché cette ressource… », je vous laisse l’entière responsabilité de vos propos. Je vous invite seulement à lire les ouvrages suivants :
 Etudes sénégalaises n°9 – Fascicule I – Géologie – Félix Brigard – Centre I.F.A.N. – Sénégal – Saint-Louis du Sénégal – 1960, qui sous le chapitre « Quelques étapes de recherche géologique » fait référence au chercheur français, F.Jacquet, qui dès 1936 a signalé la présence de phosphates dans le nord du pays sans toutefois connaître l’importance du gisement
 Publication du Ministère de la Recherche Scientifique et Technique – Institut Sénégalais Agricole (I.S.RA.) – mai 1985, qui a fait une évaluation de l’efficacité du phosphate de Matam
 La publication du Centre de coopération internationale et de recherche agronomique pour le développement : Appréciation de la valeur fertilisante des phosphates de Matam (Sénégal) par Truong B. et Cissé L. – 1985
 Cultures irriguées dans la vallée du fleuve Sénégal par Claude Dancette, Jacques Dintinge et Annie Marti – 1994, qui indique notamment que « « dès 1985-1986 des essais ont été faits en milieu paysan sur les phosphates de Matam. »

Tout le reste n’est pas digne d’être dit, comme l’aurait dit Corneille.

Me Jacques BAUDIN

Ancien ministre

Secrétaire national du PS aux Relations extérieures

et à l’Intégration africaine

- Par

  • Oh Cher camarade, merci posé sans polémiques vous avez montré la voie. Merci pour les milles éclaircies que de toute façon parfois abdoulaye wade ne méride point. Il existe au passé accompagnons le calemement et sans le suivre dans ses attaques et ses provocations au quotidien. Vive le PS de Retour
  • En vous lisant vous m’avez ramené aux annees fastes de la republique .Oui a ces moments où la bataille des idées et de la reflexion occupaient une place de choix dans la vie de la republique contrairement a maintenant où les biceps les calomnies les coups bas font la loi .Et j’en prends pour illustration la mise a feu de la tribune du parti socialiste et la fuite du presumé coupable mais aussi la mise a feu de la 4x4x au siege du parti democratique senegalais par sans aucun doute des membres zelés de ce meme parti . Cornant les sorties de gorgui que cela ne dérange personne L’AGE.L’ election de wade est une erreur que tout le pays a fait et pourtant nous etions tous averti par feu LEO POETE que « wade da barré thiahane . »
  • Bien sûr que Senghor et Abdou Diouf n’étaient pas des prédateurs. Les prédateurs étaient des affidés du régime ou du système PS ou encore de grosses pontes du parti.

    Le dernier en date : Tanor qui a organisé la vente des licences de pêche à son arrivée aux côtés de Diouf pour nous avait-on dit préparer la CAN 92. Cette prédation sur les ressources halieutiques a eu les graves conséquences bien connues : une surpèche incontrôlée des bateaux-usine russes dans nos mers, des vagues d’émigrations sans précédent vers l’Espagne notamment.

  • Que répondre après avoir lu cet écrit de Jacques Baudin ? Absolument rien, si ce n’est pour dire à mes chers compatriotes que c’est ce type de démarche qu’il faudrait adopter avec Wade sans se lancer dans des polèmiques vaines et improductives. Il n’y a pas une virgule à ajouter ou à retrancher ! Chers concitoyens, prenons en de la graine et sachons renvoyer l’ ascenceur au président Wade en le mettant en face de ses contrevérités.
  • Est ce que LEO et NDIOUFA sont des prédateurs ? Xamm ? En tout cas, sous LEO,ses neveux et autres parents waxouniouwone darrrrrra. De même que ceux qui étaient financés pour des projets bidons ou qui détournaient les projets d’hommes d’affaires pur jus. Les fameux comptes K. Les pauvres sénégalais étaient faaatigués (dixit Kébaa) mais le systeme fonctionnait parfaitement bien pour ceux qui étaient au parti état. N’oublions pas aussi qu’en ces temps des chercheurs, savants , créateurs, hommes de lettres, cinéastes sénégalais étaient muselés, écartés, mis au frigo, pendant qu’un illustre musicien inconnu du nom de Senghor était financé à coup de 100nes de millions de FCFA non dévalués. Demandez à Cheikh Anta, Sembéne, Ouza pour ne citer que ceux là. Sous Ndioufa, la roue a continuer à tourner pour les apparatckiks du pouvoir UPS-PS qui se sont comporté en véritables prédateurs. Certains simples ministres, de formation littéraire qui n’ont jamais rien crée ni inventé, sont devenus des multi milliardaires. D’autres s’amusaient avec les maigres recettes de l’etat, plein de filles, plein de cocus, voitures, villas, chéques, etc. Les amis étaient bombardés au sommet de l’Etat, les frangins aussi. La familles ’enrichissait. On contruisit de belles villa sur le domaines national maritime en toute illégalité, on trustait de gros business, et on s’arrosait au phosphate detaïba. pendant ce temps, le gorgorlou n’en finissait pas de crever. On opérait des retenues sur son maigre salaires, question de l’ajuster. Qui peut me dire combien de projets publiques ont été financés par les recettes de l’arachide, des phosphates, de la pêche ? En tout cas le peuple n’a jamais rien vu sous le régne des predateurs socialistes.
  • Je suis d’accord avec le dernier intervenant sur la gestion gabégique et le pillage des ressources de ce pays et du peuple par le régime précédant (au moins celui que j’ai connu).

    Toutefois, cela ne saurait justifier le comportement du régime actuel qui dépasse de loin ses prédécesseurs avec une outre-cuidance et une violence jamais égalée.

    De plus, un homme publique digne de ce nom et occupant de si hautes fonctions ne saurait s’exprimer comme le fait Wade beaucoup trop souvent. Ses attaques personnelles contre Senghor et Diouf ne reflètent qu’un trop-plein de complexes d’infériorité et une volonté maléfique de marquer son époque et les époques à venir. Cet objectif sera probablement atteint mais dans le sens inverse, c’est-à-dire en mal. Ceci ne vous grandit pas M. Wade bien au contraire, alors que quelques individualités de l’ancien régime prennent du galon et redorent leurs blasons.

    Je n’ai pas d’estime particulière pour Me Jacques Baudin, mais son intervention est formidable, il lui reste encore des traces de grandeur et d’homme d’Etat. A un moment, il faut savoir faire obstacle à ces énormités de Wade.

    Il faut le reconnaître, nos autorités actuelles ne sont en fait ni des personnalités ni des hommes d’Etat. Nous avons donné le pouvoir à de petites gens qui ne savent quoi en faire et sont trop avides et arrivistes pour nous le rendre.

    Ils n’ont aucune classe et aucun respect pour les institutions qu’ils représentent et encore moins pour le peuple. Par contre, le plus regrettable est qu’ils reflètent tout simplement la société sénégalaise qui se dégrade de jour en jour.



Publicité
Publicité
Tensions entre USA/Israël et Sarko/Bruni (France24)


Hama Amadou : « C’est un évènement que tous les nigériens attendaient »

Violentes attaques au Nigéria fait 500 morts (BFM)
« Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d’or, où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. »
Togo : Manifestations des sympathisants à J.P. Fabre (Euronews)


Où en est la Francçafrique (LCI)

Tour d’horizon des stands africains au SIA 2010
Publicité
Derniers commentaires
Entre émotion, déception et regrets
15/03 | On peut avec M. Gaye regretter que le débat sur le Monument de la (...)

« Des responsables ont acquis leurs positions par leur capacité de magouille »
15/03 | Je suis d accord avec ceux qui disent que le pds au plateau c est Fadel et (...)

« Il y en a eu 100 fois plus avant l’alternance »
14/03 | « c’est un problème comme tout un autre. Un délit n’est ni (...)

« Il y en a eu 100 fois plus avant l’alternance »
14/03 | M. NDOYE revenons donc avec le PS au pouvoir ! Nous, nous avons réglé notre (...)

Ainsi parlait jacques Chirac
14/03 | Ce n’est pas de l’afrique qu’il s’agit ici mais de (...)

« il ne faut pas en faire une affaire de dictature... »
14/03 | Répondant à Moustapha Niass qui prône une candidature unique de Bennoo (...)

Une crise d’hystérie collective dans un Cem sème la panique
14/03 | Nous revoici en plein délire ! un psychiatre devrait plutôt être consulté, (...)

  • Administration
  • Commercial & publicité
  • Contact
  • Actualités
  • Idiovisuel
  • Chroniques