
Cette étude a expliqué Mme Fatou Sow Sarr, vise à faire l’état des lieux par rapport à la prise en compte de la dimension genre dans le secteur de la sécurité. Ceci, dit-elle ’’afin d’aider à la définition de politiques pertinentes d’intervention et d’assurer le suivi des réalisations et des progrès à partir d’indicateurs fiables’’.
Et parmi ces indicateurs, il est à noter que l’étude renseigne que les femmes sont exposées davantage à des formes de violence physique, émotionnelle, économique et sociale. A ce propos, le document qui cite les résultats d’une étude commanditée en 2009 par le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) et l’Unifem, et effectuée dans les régions de Dakar, Kolda, Matam, Tambacounda et Ziguinchor, soutient que 28% des femmes sont victimes de coups et blessures dans leur foyer.
Les violences sexuelles font aussi partie du lot des agressions dont sont victimes les femmes. L’étude qui s’est fondée sur la cartographie des abus sexuels faite par l’Ong Grave, montre que les départements de Pikine, Guédiawaye et Vélingara concentrent 60% des abus sexuels perpétrés sur des mineures. ’’Les femmes victimes d’abus sexuels sont doublement victimes en cas de grossesse. Rejetées, elles peuvent être portées à se suicider ou à commettre des infanticides’’, lit-on sur le document qui indique que l’infanticide est le premier motif d’incarcération des femmes, soit 30% des détenues.
S’agissant du volet de la sécurité, Mme Fatou Sow Sarr a salué l’initiative du Chef de l’Etat qui en 2008, a mis fin au coup d’arrêt constaté depuis 10 ans en ce qui concerne l’intégration des femmes dans les forces de sécurité. Toutefois pense la chercheuse, le gap quantitatif et différentiel doit être résorbé.
En effet, si l’on parcourt l’étude l’on constate qu’au niveau des Forces armées, les femmes arrivées tardivement dans ce secteur, ne font seulement que 3% des effectifs. Pis, elles sont quasi-inexistantes dans les corps gradés. Sauf dans le secteur de la santé où la femme la plus gradée a été promue au gade de Lieutenant-colonel le 1er octobre dernier. Présentes dans ce service depuis 1984, il faut préciser que parmi les 280 officiers médecins, 32 sont uniquement des femmes soit 11,4% des effectifs.
Au niveau de la gendarmerie, c’est récemment que les femmes ont intégré ce corps. Ces dernières, en raison d’une discrimination positive, perçoivent lorsqu’elles sont à l’école de gendarmerie 10 000 francs de plus que les hommes. Et 20% de l’effectif féminin a été engagé contre 5% seulement de l’effectif des hommes.
Discriminnation dans la promotion, harcèlement sexuel au menu
A la police où elles sont présentes depuis 1980, en 25 ans, il n’y a eu que près de 2% de femmes recrutées. A ce côté de faible recrutement, il a y a aussi les lenteurs notées dans la promotion de la gente féminine. ’’Lorsque les femmes intègrent l’école de police, elles subissent les mêmes épreuves que les hommes’’, lit-on dans le document qui fait remarquer que ’’si hommes et femmes sont censés avancer de la même manière, les femmes ont été négativement discriminées’’. Cependant, ce n’est qu’à la suite de la grève de 1987 et qui coïncide avec l’arrivée du Colonel Lamine Cissé, comme directeur de la sécurité publique, que la situation a changé avec des femmes promues à des postes de responsabilité.
Quoiqu’il en soit, le gap est existe toujours. En effet, selon les chiffres de 2010 du ministère de l’Intérieur et publiés dans cette étude, l’on constate que les commissaires femmes font 68% contre 93,2% pour les hommes. Seules 7,7 % des femmes sont officiers au moment où les hommes représentent 92,3%. Ces mêmes hommes constituent 94,5 % des inspecteurs contre 5,5% pour les femmes. Ces dernières ne représentent que 1,38% des agents de police dont le taux atteint chez les hommes à 98,62 %.
A côté de cette lenteur dans la promotion, les femmes recrutées dans les forces de sécurité, sont aussi victimes de harcèlement sexuel et de violence.
A cet effet, le document a mis en encadré le témoignage d’une dame qui était dans les forces de sécurité. Cette dernière raconte que lors d’une mission en zone rurale, une nuit, son supérieur s’est présenté moitié à moitié dénudé en caleçon en lui disant : ’’j’ai besoin de vous pour ce soir’’. La femme ajoute que prise de peur, elle avait enfilé tous les jeans qu’elle avait et est restée éveillée toute la nuit. Elle raconte que lorsqu’elle s’en est ouverte à la femme d’un de ses supérieurs, ce dernier mis au courant a banalisé l’affaire.
Ce qui fait que l’auteur de l’étude souligne ’’qu’en ce qui concerne le harcèlement sexuel et les violences, comme dans tout espace où hommes et femmes sont en contact, il existe des problèmes liés au genre’’. Malheureusement, poursuit l’étude ’’pour l’armée comme pour la police, il n’existe pas de recours pour prévenir ou prendre en charge le harcèlement, les abus et l’exploitation. Il n’y a pas non plus de bureau de médiateur en cas de problème concernant les questions sexo-spécifiques’’.




























