
Courant octobre 2006, différents commissariats de police de la capitale avaient été saisis de plaintes contre une bande de malfaiteurs qui agissait toujours avec le même modus operandi.
En effet, à bord d’un véhicule Peugeot 505 de couleur sombre et aux vitres teintées, cette bande sillonnait la ville en faisant croire que la voiture qu’elle conduisait, était un « taxi clando ». Et une fois, qu’un passager montait à bord, il était pris en sandwich.
Isolée dans un endroit, le passager est maîtrisé à l’aide de couteaux et de machettes. Après avoir neutralisé leur victime, les malfaiteurs la dépouillaient de tous ses biens avant de l’abandonner sur place. Pire, les malfaiteurs n’hésitaient pas à user de leurs armes blanches face aux victimes récalcitrantes.
Parmi les victimes présentes à la barre de la Cour d’assises, Amadou Seydi et Cheikh Tidiane Ndiaye. Ce dernier, à la veille de la fête de Korité 2006, se rendait à Saint-Louis. Après avoir pris un taxi qui l’a conduit jusqu’à Rufisque, raconte-t-il, Fallou lui a proposé de le convoyer moyennant 6.000 francs Cfa.
Abdou Samb s’est chargé d’embarquer ses affaires dans le véhicule où se trouvaient Baytir et Bassirou. « Puisque j’étais fatigué, je me suis assoupi et tout d’un coup ils m’ont réveillé avec des machettes dans la forêt de Rufisque. Après m’avoir dépouillé de mes biens, il m’ont abandonné sur place », déclare Cheikh Tidiane Ndiaye. Il précise qu’il a été obligé de marcher nuitamment jusqu’à Rufisque.
Quant à Amadou Seydi, c’est de retour de l’unité 26 des Parcelles assainies au lendemain de la Korité, qu’il est tombé dans le piège de la bande. « Fallou qui conduisait le véhicule m’a proposé de me conduire à Sacré Cœur moyennant 700 francs. Après négociation, j’ai payé 200 francs », raconte-t-il. En cours de route, poursuit Seydi : « J’ai sorti mon téléphone pour envoyer un message à ma copine devenue ma femme aujourd’hui et Abdou Samb l’a arraché ».
La suite, renseigne-t-il, Fallou a fait comme s’il s’agissait d’une agression. Tandis que Baytir lui administrait une gifle, Bassirou lui, tapotait son genou avec un couteau. « Ils ont pris sur moi 115 francs Cfa. Et arrivés au niveau des deux voies de Liberté 6, ils m’ont fait descendre. Comme je leur ai dit que je n’avais plus rien, ils m’ont remis 500 francs pour que je puisse rentrer », ajoute Seydi qui a néanmoins réussi à relever le numéro de la plaque d’immatriculation de ses bourreaux.
C’est après avoir commis ce forfait que la bande a été arrêtée à 3 heures du matin lors d’une opération de sécurisation menée par la police de Guédiawaye. En effet, au cours de cette opération, les policiers postés au quartier Fith Mith, ont appréhendé les occupants du Peugeot 505. Il s’agit d Abdou Samb, Bassirou Mbengue et Baytir Dème. Ils détenaient par devers eux, un couteau à longue lame effilée, trois téléphones portables sans puce et la somme de 375 000 francs Cfa.
Entendus, Baytir, Abdou et Bassirou reconnaissent les faits. Quant à Fallou il a tenté de faire passer ses acolytes pour de simples passagers. Devant le magistrat instructeur, il soutient qu’ils revenaient du bar « Sar bar » avec ses acolytes et que c’est en cours de route que Baytir s’en est pris à Amadou Seydi à qui il a arraché son téléphone portable parce qu’il avait refusé de payer la course.
Traduits à la Cour d’assises de Dakar, les quatre accusés ont unanimement nié les faits, malgré qu’ils ont été formellement identifiés par leurs deux victimes. Aussi, ils ont écarté la thèse de l’agression en affirmant qu’Amadou Seydi avait oublié le téléphone dans le véhicule. S’agissant de l’arme qu’ils détenaient, Fallou a déclaré qu’il appartient au véritable propriétaire du véhicule.
Les dénégations des accusés n’ont pas convaincu l’Avocat général qui a requis les travaux forcés à perpétuité contre l’ensemble des accusés. En effet, selon Antoine Félix Diome, ces derniers ne peuvent pas bénéficier de circonstances atténuantes même si l’enquête de personnalité leur est favorable, sauf pour Bassirou Mbengue qui dès que son père a appris son arrestation, s’est rendu à la police pour le peindre comme étant un déviant.
Il a fait savoir que son fils à qui il avait confié la gestion de sa boutique dont la valeur est estimée à 10 millions, avait tout dilapidé. Les avocats de la défense ont à l’unanimité, sollicité une application bienveillante de la loi.
Après délibéré, la Cour a déclaré les accusés coupables et les a condamnés tous à 7 ans de travaux forcés. Ils doivent payer solidairement des dommages et intérêts s’élevant à 205 000 francs pour Amadou Seydi et 400 000 francs pour Cheikh Tidiane Ndiaye qui réclamait 500 000 francs.




























