
« Ce que Bécaye Diop a soutenu à Touba ne doit surprendre personne parce que c’est son maître qui lui a indiqué la voie. Bécaye Diop peut avoir tous les vœux pour Touba -comme d’ailleurs je l’ai pour Tivaouane, mais il n’a pas le droit de le dire en tant que ministre, idem pour Me Wade en tant que chef d’Etat. » Ces propos ont été tenus, samedi, par le marabout tidiane Serigne Mansour Djamil qui fait ainsi allusion à la sortie du ministre de l’Intérieur à la cérémonie officielle du Magal de Touba. Bécaye Diop y avait soutenu que la voie du salut passe par Touba. Quelques semaines auparavant, le président Abdoulaye Wade a soutenu qu’il tenait son pouvoir de la bénédiction de Touba. C’était lors de la pose de la première pierre de la grande mosquée mouride à Dakar.
« Nous autres, nous n’avons que Tivaouane », a précisé Serigne Mansour Sy Djamil qui pense que Bécaye Diop et Me Abdoulaye Wade ont oublié qu’ils sont des élus et que « chaque Sénégalais bénéficie d’un pouvoir électif ». « Un homme responsable ne doit point entrer dans le jeu de la catégorisation des marabouts », a encore indiqué Serigne Mansour Sy Djamil, citant El hadji Malick Sy. Selon lui, le problème du président Abdoulaye Wade, c’est qu’il accepte difficilement la cohabitation avec l’autre. « Le problème de Me Wade, c’est la gestion de l’autre. C’est la gestion de l’existence de l’autre », dit-il. Avant de rappeler : « Nous vivons dans une société, mais il y en a d’autres. Il y a un certain ordre public et religieux noté, évident et sacré. Mais, il y a d’autres ordres religieux et sacrés. »
A en croire Serigne Mansour Sy Djamil, le problème de Wade, c’est ce complexe de supériorité qui fait que, pour lui, « tout, son appartenance, ce qui le concerne, que ça soit politique, économique, musicale, son café, son thé qu’il prend… est meilleur, supérieur ».

















