
NETTALI.NET - C’est une consternante ritournelle que les personnalités de l’ancien régime d’Abdoulaye Wade entonnent sans aucune vergogne face aux enquêteurs de la Section de Recherches de Colobane, lorsqu’ils sont amenés à justifier leurs avoirs bancaires, leur parc d’automobiles rutilantes, leurs villas cossues, leurs costumes griffés par les plus grands couturiers, et sur leurs capacités à payer les études de leurs enfants inscrits dans les plus grandes universités américaines.
Ils font savoir aux enquêteurs qu’en fait, ils sont juste bénis des Dieux, puisque arrivés au pouvoir en 2000 sans un fifrelin, alors qu’ils habitaient dans d’obscurs appartements et circulaient dans d’improbables carcasses, ils ont vu se déverser sur leurs augustes personnes, des trésors de bienfaits. Ils ont tous comme réponse, accompagnée d’un sourire narquois, que les millions, voire les milliards qu’ils ont amassés en 12 ans, leur ont été offerts. Par qui ? Le choix des bonnes âmes est large. Le plus généreux et surtout le plus compulsif dans sa générosité, est sans conteste « Le Père de la Ration », leur parrain à tous, le Loto gagnant incarné, Abdoulaye Wade, véritable guichet automatique, sublimement généreux avec l’argent des autres, c’est-à-dire en passant, le nôtre.
La première chose que cet homme a faite en arrivant aux commandes de ce pays et en confisquant les clés de son coffre-fort, aura été, non pas de résoudre les graves problèmes auxquels étaient confrontés les sénégalais, mais de couvrir son fils Karim d’une averse de millions, puis de milliards, selon les termes de ce dernier, alors qu’il se répandait partout pour dire que son génial rejeton, As de la Finance et Prince de la City londonienne, était plein aux as, se sacrifiant ce héros pour venir au Sénégal y bazarder ses économies, par pur patriotisme. Si cela, en regard de son serment prêté dans un stade en pamoison, rempli à la gueule de sénégalais transis d’espérances, ces libéralités prises vis-à-vis de la bonne gouvernance, ne constituent pas une Haute Trahison, il faut urgemment en redéfinir les termes de références.
Wade est l’alibi parfait de ces anciens pauvres devenus riches, pour pouvoir toute honte bue, camoufler leur forfaiture et détourner nos esprits abasourdis de leur veulerie, de leur voracité et surtout de leur navrante lâcheté.
Ces hommes sont sans aucun doute nés avant La Honte. Mais il n’y a pas que Wade Corleone qui a bon dos. Ces hommes scandaleusement enrichis ont sorti de leur sac à malices, d’autres bienfaiteurs, les Princes arabes, comme par hasard tous leurs potes, qui leur donnent dès qu’ils les sollicitent,, des mallettes pleines à ras bord de dollars ou d’euros. Ce ne sont plus des Royaumes, c’est le Club Méditerranée. Et à nous, ces généreux donateurs d’Arabie ne daignent nous envoyer que leurs carcasses de moutons au lendemain de la Tabaski. Quelle injure ! Quel mépris ! Quel paradoxe, d’être un pays sous perfusion financière permanente de tous les fonds monétaires du monde, et d’avoir de dirigeants dans le besoin qui vont tendre la main et leur sébile pour remplir leurs comptes en banque et pouvoir se vautrer dans la luxure, côtoyer le vice, se gonfler de vulgaire importance et se parer de la plus navrante arrogance.
Il reste le très chic alibi de donateurs aussi spontanés que désintéressés, celui des amis de l’oligarchie russe, ou alors des princes persans, ça, c’est le must. Les enquêteurs doivent être bluffés, par leurs connaissances, leurs royales amitiés, leurs princières invitations à aller s’encanailler un weekend à Monaco ou à Ibiza, voire à Davos. Ils vont bientôt revendiquer leur intimité avec les Tsars de Russie pour justifier leurs trafics et leurs trahisons. Un braquage. Voilà ce qu’ils ont commis, et il serait inadmissible que soient passés par pertes et profits, un tel hold up que des bandits à col blanc et à mocassins vernis, veulent nous faire admettre comme prescrits, parce que couverts par l’impunité de leur parrain qui n’a fait que leur offrir, comme des bonbons à une horde de turbulents garnements, des enveloppes kraft tellement rebondies que les visiteurs du Palais n’y allaient plus qu’en grand boubou, bien plus pratique pour glisser le présent en forme de liasses.
Il convient d’en tirer des enseignements et de réfléchir à l’idée de supprimer cette opaque « Caisse Noire », qu’on met à toutes les sauces pour justifier ces infamies. Cette saugrenue jurisprudence ne saurait prospérer et ouvrir de nouvelles portes à de nouveaux braqueurs qui disposeraient les coquins, d’un imparable alibi à leurs éventuels et encore possibles crimes économiques. Et il n’est pas du tout rassurant que le Ministère de la Bonne Gouvernance, en soi un aveu honteux de nos mœurs politiques, n’ait pour budget pour mener à bien sa dantesque mission, que la somme de 130 millions. David contre Goliath.
Il ne nous reste plus qu’à invoquer Thémis, le Dieu de la Justice, pour qu’il éclaire nos juges, et qu’il leur donne ce conseil avisé : On ne nettoie pas un escalier en allant de bas en haut. On ne peut juger les 40 voleurs, si Ali Baba se la coule douce dans sa caverne de Versailles.






Idiovisuel


























Superbe texte et belle analyse. Il n’existe pas de qualificatifs appropriés pour ces gens du PDS. C’est vrai, ils sont bien nés avant la honte !!!