
NETTALI.NET - Khalifa Sall, le maire de Dakar a vraisemblablement pris le taureau par les cornes pour faire de la ville qu’il dirige une ville normale.
Il a compris qu’une ville digne de ce nom, se doit d’être structurée et pour cela, il doit faire passer ses administrés par une voie contraignante. Le chemin est encore escarpé pour arriver à satisfaction, et pour cela, les trottoirs que nous devrons arpenter pour faire de Dakar, une ville comme elle le fut naguère, doivent être débarrassés de toutes installations sauvages et inesthétiques. Dakar s’est, selon le maire de cette ville ruralisée.
Certes. Mais pourquoi, a-t-on laissé prospérer ce désordre ambiant, à tel point qu’il est devenu consubstantiel à son développement. La norme est l’anarchie, et celle-ci est assumée, revendiquée et établie, même par les pouvoirs publics qui délivrent pour en vivre, des autorisations de s’établir sur les espaces qui auraient pu être dévolus à la convivialité. Les marchands ambulants ou plutôt les "tabliers" pour emprunter le mot au maire de Dakar, font la loi et disent qu’ils ne font que travailler et n’ont que ce travail pour ne pas voler et vendre de la drogue. Excuse bien facile !
Mais pourquoi laisse-t-on ces tables se multiplier, au point que nos plus belles allées comme celles du Général de Gaulle ou les allées Seydou Norou Tall deviennent de véritables restaurants à ciel ouvert. Si les 3000 ambulants que compte Dakar, menacent de manifester et de mettre la pression sur le maire, il faut que celui-ci sache que les dakarois qui désirent avoir, ne serait-ce que des trottoirs dégagés et des avenues sans détritus, seraient au bas mot plus de 400.000 à dire leur plaisir à redécouvrir une ville qui ressemble à une ville. Il a donné comme ultimatum le 31 décembre aux ambulants et autres restaurateurs de trottoirs pour dégager, afin de pouvoir commencer le pavage des espaces qui deviendront des lieux de convivialité. Mais cela ne suffit pas. Il faudrait aussi en passer par des sanctions, y compris pénales pour ceux qui vivent des destructions de ces efforts.
Comment comprendre que les plaques d’égouts soient ôtées au risque d’y faire tomber des personnes qui vont se retrouver hospitalisées pour un coût de plusieurs millions de francs, alors que celui qui les a subtilisées, n’y retire de leur vente, que 500 francs ? Ces plaques sont vendues au su et au vu de tous les policiers à Pak Lambaye et chez tous les chaudronniers de Dakar.
Comment comprendre que les poteaux électriques montés à nos frais pour notre sécurité, soient proprement abattus et couchés par terre par des individus qui en retirent le cuivre pour aller le vendre ?
Comment comprendre que des Sénégalais ne veulent pas passer sur des passerelles dédiées à la traversée de la route sans danger, en préférant côtoyer la mort sur des routes où la limitation de vitesse est inconnue ?
Incivilités et incivisme sont les plus grands barrages à la volonté du maire de faire de Dakar une ville normale. La contrainte et la sanction doivent accompagner sa volonté de moderniser sa ville pour la mettre aux normes internationales. Et quand on parle de normes internationales, cela commence par l’aéroport international de Dakar-Yoff qui est un condensé de tout le désordre qui envahit Dakar. Cet espace est un foutoir indécent et repoussant.
Dès que le touriste arrive à Dakar, nous savons qu’il y a peu de chance pour qu’il y revienne. Taxis délabrés, pickpockets, guides hasardeux, et cambistes douteux, font de l’aéroport de notre ville, un véritable capharnaüm, un vrai repoussoir.
Dès qu’on met le pied à Dakar, on sait que c’est une ville informelle, où tout sera à l’avenant. Les charrettes ont envahi nos avenues, les cochers se prennent pour Ben Hur et rivalisent de prouesses pour se faufiler entre les véhicules. Circuler est un véritable calvaire car s’il est vrai qu‘un effort a été fait sur le développement des infrastructures, aucun n’a été produit pour faire évoluer la superstructure, c’est-à-dire les mentalités.
Comment comprendre qu’on ait subi 3 années de déviations et de poussière soulevée par d’interminables travaux sur l’avenue Cheikh Anta Diop, aux fins d’en faire une avenue à 4 voies, et qu’au final on se retrouve avec une avenue à deux voies parce que les chauffeurs de Ndiaga Ndiaye ont décidé en toute impunité d’y installer leurs propres lois et d’y promouvoir leur propre sens du désordre au vu et au su de policiers qui « verbalisent » et pas pour rendre fluide la circulation ?
Et au final, une ville doit être conviviale et surtout avoir des activités culturelles. Et là, nous attendons la réponse du maire de Dakar sur la disparition des salles de cinéma. On ne sent plus une vie à Dakar. Seuls les lieux qui sont en bord de mer, sont ouverts et chers, pas à la portée de Sénégalais qui n’ont pas accès à des loisirs et à des lieux de détente à leur portée immédiate.
Raison de plus pour développer des espaces de vie à partager, des promenades, des jardins et des espaces verts qui, si ils sont bien entretenus seront difficiles à salir, car c’est la saleté qui appelle la saleté. Mais quand manger devant des égouts qui puent, ne dérange personne, on se demande bien ce qu’on peut faire pour satisfaire des personnes qui n’ont pas en fait demandé à ce que leur espace soit agréable, et qui arrivent à faire des fêtes autours de bouches d’égouts en putréfaction, dans de beaux habits, assourdis par une sono qui les enivre de mbalax.
Comment comprendre que les quartiers où les Sénégalais sont censés vivre paisiblement sans odeurs, ni nuisance, deviennent tous des quartiers commerçants où des containers font la concurrence aux boutiques et où les locataires sont obligés de se frayer un chemin pour sortir de chez eux parce qu’un vendeurs de scooters empêchent tous les occupants de l’immeuble de sortir de chez eux ?
Comment accepter qu’on veuille ériger une station d’essence entre les deux voies de la Vdn à hauteur de la Sde, endroit où les les sportifs de cette zone là, se regroupent en fin de journée ? Il y a déjà, bon sang, deux stations séparées d’à peine 2 Km. Qu’on en fasse plutôt une zone de vie, un espace vert, des buvettes, plutôt que de créer des bouchons supplémentaires.
La vraie question est finalement celle-ci : peut-on faire le bonheur des gens contre leur gré ? Ne va-t-on pas donner de la confiture à des cochons ?






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Grand merci pour ce que vous avez ecrit. je soutiens Khalifa Sall de tout mon coeur s’il suit cette voie. je pense qu’il faut une autoritee ferme qui fasse respecter la loie et que cette derniere soit soutenue par toutes les populations desireuses d’avoir une capitale digne de ce nom.