
NETTALI.NET - Le professeur Malick Ndiaye, jugeant la traque des biens mal acquis, pense que la procédure née du Droit français, ne sert en définitive que le nanti qui, par des méthodes, des réglementations des conventions, fait traîner les choses, quand bien même le peuple mourrait dans la même période.
« Dans la vérité de la société d’accaparement, la Cour de répression de l’enrichissement illicite est actuelle, mais la société sénégalaise est par certains côtés trop civilisée », juge le sociologue Malick Ndiaye. « Si on avait utilisé les méthodes traditionnelles, à savoir demander comme on doit demander, c’est-à-dire vigoureusement et sans excès, le remboursement, peut-être qu’il y aurait eu de meilleurs résultats », précise-t-il.
Pour le professeur Malick Ndiaye, « la société sénégalaise a été déformée et dénaturée par un Droit d’emprunt, qui est un Droit romain, revu et corrigé par les Français, qui ont mis tellement de procédures et de démarches que, finalement, le Droit ne sert plus la vérité, mais il sert le plus fort, qui utilise les procédures pour faire durer les démarches, si bien que le peuple qui voit la vérité de l’accaparement se demande si nous ne sommes pas en train de dévoyer sa colère, de disperser son énergie ».
Le sociologue estime ainsi que les Sénégalais ont été tellement « toubabisés » que « les prétoires ont pris en charge une démarche de récupération des biens. Et cette démarche-là tire en longueur. Le Droit toubab, français, c’est un Droit qui permet à l’accusé, lorsqu’il est nanti, de faire traîner les choses en invoquant des démarches, des procédures, des méthodes, des réglementations, des conventions internationales, à tel point que la procédure ne sert finalement que le nanti ».






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