
NETTALI.NET - Invité de l’émission "Grand jury" de la Rfm, ce dimanche 6 janvier, le directeur général de l’Agence de développement et d’Encadrement des Petites et Moyennes entreprises, (Adpme), Mabousso Thiam a présenté le bilan de la gestion de l’Adpme par son prédécesseur. Un bilan loin d’être reluisant, selon les explications de l’actuel Dg.
« Si l’Adpme était une entreprise privée, j’aurais tout simplement demandé le dépôt de bilan et déclaré la faillite de l’institution, parce que tous les clignotants étaient au rouge », a jugé Mabousso Thiam.
Pour étayer son propos, M. Thiam explique : « l’Adpme fonctionne avec une dotation annuelle de l’Etat. C’est sa seule source de revenus qui s’élève à 391 millions francs Cfa et que la masse salariale était 389 millions francs Cfa ».
« Ce qui signifie que lorsque vous payez normalement le personnel, il vous restait 2 millions FCfa pour payer les autres charges de fonctionnement : la location, l’eau, l’électricité, le carburant, le téléphone, les besoins de papeterie. Il vous reste également 2 millions FCfa pour renouveler l’ensemble de vos investissements, il vous reste 2 millions FCfa pour mener l’ensemble des programme puisque l’Adpme sa vocation première ce n’est pas de payer les salaires, mais d’appuyer et d’encadrer les Pme », a-t-il poursuivi.
Sur les raisons de cette situation, le nouveau Dg relève un laxisme dans la gestion. Il en veut pour preuve le montant de la dette qui selon ses dires, était plus de 800 millions FCfa. « Il s’y ajoute, a souligné M. Thiam, qu’un certain nombre de règles et de principes n’ont pas été respectés et qui font que pendant des années, les impôts sur les salaires ont été prélevés sur le salaire du personnel sans jamais être reversés à l’Etat. Les précomptes Tva n’ont pas aussi été reversés à l’Etat ».
Une situation qui a conduit à une accumulation de la dette sociale auprès de l’Ipres, à la caisse de sécurité sociale et auprès des fournisseurs. « Certaines dettes n’ont pas été payées depuis quatre ans. Il y a également une dette au niveau du système bancaire », a révélé le Dg.
Dans son diagnostic, il a situé la responsabilité de cette situation à deux niveaux. « D’abord, avance-t-il, il y a l’Etat, en ce sens que les organes de contrôle n’ont pas fonctionné. Et, on a laissé la situation se dégrader sur plusieurs exercices ».
En d’autres termes renseigne M. Thiam, « le Conseil de surveillance ne s’est plus réuni depuis quatre ans ». Or, ajoute le Dg, « c’est ce conseil de surveillance qui veille à l’orthodoxie de la gestion et le Dg travaille normalement sous son autorité ».
La non tenue de réunion du Conseil de surveillance a fait que « depuis quatre ans, aucun budget ni compte n’a été approuvé ». « Il n’y avait pas de commissaire au compte et d’organigramme. On s’est retrouvé dans une gouvernance absolument catastrophique à l’Adpme avec une sorte de bateau ivre laissé à lui-même », a conclu M. Thiam.






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