
NETTALI.NET - Le ministre de la Justice, Aminata Touré, est très en avance dans le dossier du jugement de l’ancien président tchadien, Hissène Habré. Elle a signé un arrêté ce mardi 8 janvier pour nommer Ciré Aly Bâ, administrateur des chambres africaines extraordinaires au sein de juridictions sénégalaises créées exprès pour juger Hissène Habré.
Le ministre de la justice a choisi ce mardi, le magistrat Ciré Aly Bâ pour officier comme administrateur des chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises. Elle s’achemine ainsi en direction du jugement de l’ancien Président de la République tchadien.
Il y a plus d’un mois, les députés sénégalais ont adopté la loi autorisant la création de chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises pour permettre le jugement de l’ancien président tchadien Hissène Habré.
Le Sénégal avait donné son accord en août au projet de l’Union africaine (UA) pour juger Hissène Habré devant un tribunal spécial au sein du système judiciaire sénégalais présidé par des juges africains nommés par l’UA.
Le Sénégal va ainsi créer des "chambres africaines extraordinaires" au sein de la structure judiciaire existante à Dakar. Le mandat des chambres sera de poursuivre la ou les personnes les plus responsables pour les crimes internationaux commis au Tchad entre 1982 et 1990.
Les chambres auront différentes sections chargées de gérer les enquêtes, les procès et les recours en appel et seront composées de juges sénégalais et africains.
A noter qu’Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis la chute de son régime en 1990, après huit ans au pouvoir. Il avait été renversé par l’actuel président tchadien, Idriss Deby Itno, qui était un de ses proches collaborateurs avant d’entrer en rébellion.
En 2005, Bruxelles avait émis un mandat d’arrêt contre Hissène Habré à la suite d’une plainte déposée en 2000 par un Belge d’origine tchadienne en vertu d’une loi belge dite de "compétence universelle" pour les crimes de droit international.
Plusieurs demandes d’extradition avaient été déposées en vain par Bruxelles pour faire extrader vers la Belgique M. Habré, accusé de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et torture notamment. Dakar avait accepté en 2006 de juger M. Habré à la demande de l’UA, mais n’a jamais organisé de procès.






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