
Boum !!! C’est parti !!! Les juges sont lâchés aux basques des présumés délinquants en col blanc qui auraient mis notre économie à sac, après que les députés aient décidé de lever les immunités parlementaires d’Oumar Sarr, d’Abdoulaye Baldé et de Maître Ousmane Ngom, d’une part et d’autre part après que la mule d’Abdoulaye Wade ait été arrêtée à l’aéroport de Yoff et jetée à Rebeuss sous la retentissante inculpation d’association de malfaiteurs et consorts.
Mais cela va être d’une grande complexité que d’arriver à satisfaire ce qui ressemble quand même à un désir populaire de voir les anciens dignitaires du régime libéral expier leurs forfaits.
D’abord s’agissant des députés « déshabillés », comme s’en amusent des journalistes avides de bons mots, il y a encore loin de la coupe aux lèvres, leurs inculpations, leurs incarcérations rédemptrices de nos valeurs, à défaut de servir à redresser nos comptes, ne sont pas pour demain.
Ils ont contesté les procédures et cette armée d’avocats de l’ancien pouvoir sont censés savoir de quoi ils parlent et projettent même de porter leur affaire au niveau des institutions judiciaires supérieures sénégalaises, sous-régionales et même universelles. Cela promet une belle bagarre juridico-médiatico-politique, avec toutes sortes d’atermoiements culturels comme ceux qui ont retenti, lors des obsèques d’Ousmane Masseck Ndiaye, lieu d’un troublant œcuménisme politique durant lesquelles des pas de très subtiles suggestions de pardon se sont fait entendre. Pourquoi devrait-on absoudre certaines personnes qui sont soupçonnées d’avoir « joué » avec nos deniers publics ?
A commencer d’ailleurs par notre ancien chef d’Etat que notre actuel a « blanchi » pour ne pas être noirci ? Tenez, comment peut-on accuser un émissaire du président Abdoulaye Wade d’appartenir à une association de malfaiteurs et ne pas une seule seconde évoquer la nature de chef de cette association qu’aurait incarnée l’émetteur des chèques incriminés ?
L’explication des textes devient ardue. Certains commencent à évoquer la possibilité de contourner cette muraille constitutionnelle derrière laquelle s’est abrité Abdoulaye Wade. Assane Dioma Ndiaye de la ligue des Droits de l’Homme a donné une piste de réflexion à ce sujet et invoqué la possibilité de l’inculper non pas pour haute trahison, mais pour parjure, puisque la haute trahison ne peut être invoquée qu’en cas d’« extrême déloyauté », soulignant au passage la nécessité d’une volonté politique pour pouvoir poursuivre Me Wade. Me Ali Fall est d’ailleurs d’accord sur la question de la volonté politique !
A condition de bien revisiter le texte de la prestation de serment que lit tout chef d’Etat, on peut effectivement y trouver des motifs à dire qu’il s’en est détourné. Violation de serment par exemple ?
Mais au-delà des sommes extravagantes évoquées pour stigmatiser le comportement des hommes de Wade, il y a la vulgarité avec laquelle, ils ont eu besoin de frimer dans un pays en totale déliquescence. Qu’est-ce qu’un sénégalais peut bien faire d’une Mercedes Maybach dans un pays aux routes si défoncées ? Mettre des centaines de millions dans une voiture pour aller d’un point A à un point B, c’est pire qu’un crime, c’est une faute de goût.
Ensuite, cette subite mansuétude pour des personnes qui ont allègrement traversé les années Wade en toute « clinquance », dérange. Voilà des hommes qui déclarent aux gendarmes qui les cuisinent à Colobane, que leurs voitures, leurs terrains, le volume de leurs comptes en banque, et tutti quanti, leur a été offert par leur « Tonton du Point E », et voilà que le même revient leur rembourser ces sommes ? Comment rembourser des personnes qui déclarent tout vous devoir ? Film grotesque que ces fariboles… Et si c’était cela le mobile du crime de blanchiment ?
Maintenant, il est évident que cette bataille de procédures n’est qu’une manière de dire la préférence qu’ont les mis en cause pour la Haute Cour de Justice qui ne leur imposera pas contrairement à la Crei de justifier les biens suscitant la curiosité des magistrats sur leur niveau d’enrichissement.
En attendant les bagarres de procédures, il est évident que ce procès sera…dur.






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