
NETTALI.NET - Invité de l’émission « Objection » sur Sud Fm, ce dimanche 3 février, le socio-anthropologue Cheikh Tidiane Dièye a analysé la posture des hommes politiques par rapport à l’Etat et au bien commun. C’est pour la déplorer et indiquer que, désormais, c’est le peuple qui imprime la direction et impose l’éthique de responsabilité.
De l’avis de Cheikh Tidiane Dièye, « le problème du Sénégal, c’est moins un problème d’institutions, moins un problème de textes qu’un problème d’hommes. Ce qui explique cette nature de l’élite sénégalaise, a une profondeur qui dépasse la période post coloniale. Ce que nous appelons aujourd’hui la culture politique sénégalaise, est une sorte de mixte ou d’amalgame entre des valeurs sociales sénégalaises, des valeurs républicaines héritées de la colonisation, de l’Etat moderne, de nos religions, qui ont créé une sorte de symbiose inachevée de ces phénomènes qui ont construit un Sénégalais complètement déconnecté de la réalité de notre culture sociale pure, si tant est qu’elle a existé un jour ».
Et pour le socio-anthropologue, « une fois que ces acteurs sont au cœur du pouvoir, ils fonctionnent comme des acteurs partisans et l’espace de l’Etat constitue un lieu où il faut aller pour puiser des ressources à redistribuer à sa clientèle politique, à ses communautés d’appartenance ou d’adhésion, à sa famille, à ses proches etc. Nous n’avons pas réussi jusqu’ici à construire un sentiment ou la reconnaissance d’un bien collectif qui appartiendrait à la communauté nationale. Ce sont nos élites politiques post indépendance qui auraient dû le faire, mais aucun de nos dirigeants n’a réussi à bâtir cette république des citoyens où ces derniers sont au cœur de la gouvernance ».
Cheikh Tidiane Dièye considère que ce que nous avons aujourd’hui, « c’est un espace éclaté où à partir de nos ancrages communautaires ou communautaristes respectifs, nous regardons l’Etat et nous ne le voyons que comme un instrument. Ce n’est pas une fatalité. Il est possible de le rompre, parce que les élites politiques, leur mission première, c’est d’ouvrir des voies, de donner à la société une direction. La société est prête, elle ne veut plus avoir de leader politique qui se renie. Le peuple sénégalais ne veut plus d’un leader politique qui prend les deniers publics pour les drainer vers ses groupes propres. La société sénégalaise ne veut plus d’un leader qui dise quelque chose aujourd’hui et le contraire le lendemain, qui n’a pas d’éthique et qui transhume en fonction des intérêts du moment. Ca, c’est une direction qui est donnée par le peuple, lequel oblige les leaders à prendre cette direction ».






Idiovisuel

























