
NETTALI.NET - Nous sommes plongés dans un extatique questionnement. Comment en pleine affaire des cas d’enrichissement illicite et de poursuites contre des pontes de l’ancien régime, ponctuées de médiatisées gardes à vue, il est possible de devoir entendre parler d’ententes directes dans des gros marchés et de trafics d’influence supposés d’assistantes présidentielles ? Ces informations nous laissent rêveurs et pantois.
Lorsqu’il a fallu acheter des véhicules pour les services de la Présidence de la République, l’Etat, sans démentir le Forum Civil qui lui reprochait d’avoir conclu dans ce marché, des ententes directes, a invoqué des raisons de sécurité pour les justifier. Bigre !!! Pour quelles raisons acheter des voitures, est-il un acte secret, au point de ne point lancer d’appels d’offres ? Il devient gênant qu’en plein discours incantatoire sur une gouvernance vertueuse, l’Etat se soit fait prendre ainsi la main dans le pot de confiture et nous rappelle qu’il ne suffit pas de décréter la vertu pour qu’elle se répande comme par magie sur les mauvaises mœurs habituellement de rigueur dans notre microcosme politique, qui a fait de la fonction politicienne une passerelle vers l’enrichissement personnel.
Comme il est dérangeant que le limogeage de Madame Senghor, quelles qu’en soient les raisons réelles, soit entouré de sales rumeurs sur un éventuel trafic d’influence et de supposées fuites sur des audiences présidentielles, qui seraient symboliques d’une ambiance de « complotite » au Palais, vienne perturber nos consciences, nous qui pensions que bon ordre avait été mis dans les couloirs de celui-ci, au regard de la pagaille qui y a avait régné durant les dernières années de Wade. C’est comme si les nouveaux arrivés avaient simplement remis les mêmes habits pour mener la même danse sur un rythme d’avidité de pouvoirs.
Qu’on mette dans le même ressentiment de dégoût les « Maybach » d’on ne sait finalement qui et les bolides de la Présidence de la République,, est simplement déroutant et navrant. Pourquoi devoir acheter des voitures neuves, alors qu’on nous a tympanisés naguère sur 600 véhicules volés par les prédécesseurs et soi-disant retrouvés depuis, du moins pour la plupart ? Incohérence ? Inconséquence ? A eux de choisir…
Ce qu’il y a de plus navrant et d’inquiétant c’est que des personnalités comme Abdoulatif Coulibaly, ci devant ministre de la Bonne Gouvernance, ne puisse pointer ces dysfonctionnements, empêtré qu’il est dans son rôle de porte-parole qui l’a fait comparer par un observateur de la politique à un Iba Der Thiam de l’ancien régime.
Devant de tels soupçons d’ententes illicites que le Latif de La Gazette aurait dénoncés avec vigueur et héroïsme, il est regrettable de ne point l’entendre à ce sujet, ne serait-ce que pour une question de posture, liée à ce qui a fait la réputation et l’essence de cet homme. Il y a des images qui vous collent à la peau et Latif représente pour beaucoup, la caution à la gouvernance vertueuse.
Au risque, parce qu’il est le symbole du refus, de voir s’installer dans l’esprit de nos concitoyens, la conviction que nous avons changé de personnel politique mais pas de mœurs politiques et que nos nouveaux hommes n’ont eu aucun mal à entrer dans la danse des « milliards de la honte » qui refusent de quitter les « Unes » de nos quotidiens. Quant à la brave Madame Senghor, elle vit dans sa chair vexée que, Amitiés et Politique ne font pas bon ménage, si on veut en tout cas être réaliste…






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